« Pasteur Yves Kéler, retraité de l'Eglise de la Confession d'Augsbourg d'Alsace
et de Lorraine (ECAAL)/Union des Eglises Protestantes d'Alsace et de Lorraine (UEPAL)
»

*1939 - † 2018

 

LITT KZAuschwitz BRILLE ENCORE AU CIEL DAME LUNA Steht am Himmel noch freundlich Frau Luna

 

 

 

 

 

 

BRILLE ENCORE AU CIEL DAME LUNA

Steht am Himmel noch freundlich Frau Luna

 

 

Mélodie :

 

       

 

1.Brille encore au ciel dame Luna,

    S’éveille le camp de Buna,

    Le soleil de Silésie se lève,

    La colonne marche et rêve.

    Et pas à pas la nostalgie vient

    Et la lourde douleur de ce dur temps.

    Le travail appelle

    Et le chant retentit.

 

2. « Seul le travail rend libre ! »

    Des soucis il nous délivre.

    Le travail fait qu’on oublie

    Tout ce que nous avions jadis.

    Seul le travail nous rend durs,

    Quand le destin nous a rendus fous.

    Et le temps s’enfuit, la douleur s’en va :

    Seule l’œuvre de nos mains restera.

 

1. Steht am Himmel noch freundlich Frau Luna, ‎
erwacht das Lager der Buna,‎
steigt empor die schlesische Sonne,‎
marschiert die Arbeitskolonne.‎
Und auf Schritt und Tritt geht das Heimweh mit
und das schwere Leid dieser schweren Zeit,‎
doch die Arbeit winkt
und das Lied erklingt:‎

 

 

 

 


2. Nur die Arbeit macht uns frei, ‎
an ihr geh’n die Sorgen vorbei, ‎
nur die Arbeit lässt uns vergessen ‎
alles das, was wir einst besessen. ‎
Nur die Arbeit macht uns hart, ‎
wenn uns das Schicksal genarrt, ‎
und die Zeit vergeht und das Leid verweht, ‎
nur das Werk unsrer Hände besteht.‎

 

                          Chants de camps de concentration

         Texte        Steht am Himmel noch freundlich Frau Luna

                          Fritz Beda-Löhner

                          Camp d’Auschwitz 1942

                          fr. : Yves Kéler

 

         Mélodie    Steht am Himmel noch freundlich Frau Luna

 

 

 

Le texte

         Ce chant est de 1942, année durant laquelle Beda Löhner était interné à Auschwitz et où il y mourut. L’usine de Buna, fabricant du caoutchouc synthétique, était une des industries installées sur le camp, dans lesquelles des milliers de prisonniers furent exploités jusquà la déchéance et la mort.

        La strophe 2 fait allusion à la célèbre devise „Arbeit macht frei – la travail rend libre“, devis adoptée par les nazis en 1833 et apposée sur le portail d’Auschwitz et d’autres camps comme Dachau, Gross-Rosen, Sachsenhause et Theresienstadt.

         Fritz Befa-Löhner, autrichien d’origine tchèque, de religion israélite, librettiste et écrivain d’opérettes et de chansons, fut arrêté par la Gestapo en 1938 et envoyé d’abord à Dachau, puis à Buchenwald, où il écrivit son fameux „Buchenwald-Lied“, « Wenn der Tag erwacht, Eh die Sonne lacht – Avant le lever du soleil, très tôt. »

         En août 1942, son épouse Hélène et ses filles Liselott et Evamaria, de 13 et 14 ans, furent assassinées dans une de ces chambres à gaz ambulantes sur camion, que les nazis avaient mises en place avant l’extermination plus efficace dans les camps.

        En octobre de la même année Fritz Beda-Löhner fut transféré à Buna-Monowitz (Auschwitz III), pour travailler dans l’usine chimique de la IG Farben, la même destination que quelque temps plus tard pour Primo Levi. Mais Beda, à la différence de Levi, ne fut pas un „sauvé“, mais un „submergé.“ A la Buna, il écrivit plusieurs autres chants de prisonniers. Quasi la soixantaine, profondément marqué par 4 années de très dure détention et par la destruction de sa famille, il fut désigné aux SS comme un individu qui travaille peu. Fritz Beda-Löhner ne rentra plus dans la fabrique : ses gardiens le tuèrent à coups de poing et de chaussures.  

 

 

 

 

 

 

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