« Pasteur Yves Kéler, retraité de l'Eglise de la Confession d'Augsbourg d'Alsace
et de Lorraine (ECAAL)/Union des Eglises Protestantes d'Alsace et de Lorraine (UEPAL)
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*1939 - † 2018

LITT KZRavensbrück 51 NOUS NE NOUS LEVONS LE MATIN Wir stehen morgens nur deshalb auf

 Ravenbrück  tchèque

 

 

 

 

 

NOUS NE NOUS LEVONS LE MATIN
Wir stehen morgens nur deshalb auf

Den - Der Tag

Anicka Kvapiliva

 1944

 tchèque

 

       

 

1. Nous ne nous levons le matin

    Que pour nous coucher à nouveau le soir.

    La nuit nous offre en rêve enfin

    Ce que la réalité n’a pas laissé voir.


2. Nous nous levons, attendant le jour suivant

     Coule une mer de larmes non pleurées.

    Sur nous se brise l’orage du temps.

    Qu’attend ici chacune de nous ?

 

3. Un fidèle retour de ce que fut hier :

    A nouveau détresse et abaissement,

    Tout est à désespérer comme hier,

    Seuls nos visages changent avec le temps.

 

1. Wir stehen morgens nur deshalb auf

    um abends wiederum schlafen zu gehen.

    Vielleicht bringt die Nachtuns dann im Traum

     was die Wirklichkeit nicht zu geben vermag.

 
2. Wir stehen auf, erwarten den nächsten Tag,

    ein Meer ungeweinter Tränen rinnt hernieder.
  
   
An uns bricht sich der Sturm der Zeit.

    Worauf wartet ein jeder von uns?

 
3. Eine neue Wiederholung des Gestern nur,

    wieder Not und Erniedrigung,

    alles ist so zum Verrücktwerden gleich,

    nur Wandel prägt ins Gesicht uns die Zeit.

 

 

         Texte        Wir stehen morgens nur deshalb auf

                          Anicka Kvapilova tchèque 1944

                          traduction allemande Jan-Peter Abraham, p. 51

                          dans Europa im Kampf 1939-1944

                               Internationale Poesie

                               aus dem Frauen-Konzentrationslager Ravensbruck

                               (Poésie internationale

                               du camp de concentration pour femmes de Ravensbruck)

                               édités par Constanze Jaiser et Jacob David Pampuch

                          Metropol Verlag Berlin, 2005, 2e édition revue 2009

                          page 51

                          fr. : Yves Kéler 24.10.2014 Bischwiller

 

         Mélodie      sans mélodie probablement

 

 

Le texte

 

(Commentaire du poème dans le livre cité)

         Dans ce poème, est rendue en peu de mots la mortelle uniformité de la vie des camps. Il s’agit, de façon analogue au poème polonais « Zaklete kolo – Der Zauverkeis – le cercle magique » (voir page 63), d’un cercle de bannissement qui condamne les détenus à l’impuissance. Cet état, ressenti comme cercle d’exil de l’enfer, signifie non seulement l’enfermement, mais aussi un arrêt du temps ou une interminable monotonie, qui pouvait pousser à la folie. L’absence de sens de la propre existence correspond à un état d’apathie sans frontière. Exactement contre cela sont dirigés ces vers, en ce qu’ils nomment courageusement ce qui est. Au delà de l’acte créateur se défait pour quelques instants la rigidité à l’intérieur de l’auteure.

         Les femmes tchèques que nous avons questionnées attribuent ce poème à Anicka Kvapilova.

 

(op. cit. page 51)

 

 

 

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