« Pasteur Yves Kéler, retraité de l'Eglise de la Confession d'Augsbourg d'Alsace
et de Lorraine (ECAAL)/Union des Eglises Protestantes d'Alsace et de Lorraine (UEPAL)
»

*1939 - † 2018

 

LITT KZRavensbrück 95 TU SAIS, MERE Weisst du, Mutter

 

 

 

 

KZ Ravensbrück, slovène, 1943

 

Weisst du, Mutter

Kje si, Mati

Karel Destovnik-Kajuh, 1941-42

chanteur slovène

 

       

 

1. Tu sais, mère, je voudrais bien t’écrire une   

             lettre,

    Je voudrais te l’envoyer comme un salut,

    Cela fait bien longtemps que nous étions

             ensemble,

    Que j’aurais pu te dire que je vais bien.

 

2. Et où devrais-je t’écrire ? Où t’ont-ils bannie ?

    Je suis déjà heureuse que je leur ai échappé,

    Mais où es-tu, où t’ont-ils chassée,

    Peut-être la faim en Silésie t’a-t-elle rongée ?

 

 

3. Où que tu sois, partout je suis avec toi,

    Partout avec toi est mon salut,

    Et où je suis, tu es aussi près de moi,

    C’est pourquoi ne pense pas que je t’ai

             abandonnée.

 

4. Peut-être ne me verras-tu plus jamais,

   

    Quoique je ne t’oublierai jamais.

    Et je me souhaite que ma voix ne s’éteigne pas

    Avant que je t’informe.

 

    Mère, vois-tu ! Ce monde est aussi pour toi.

 1. Weißt du Mutter, ich würde dir gerne einen

1. Weißt du Mutter, ich würde dir gerne einen                      Brief schreiben,

ich würde ihn dir wenigstens als Gruß schicken,

schon lange ist es her, dass wir zusammen waren,

dass ich dir härte sagen können, ich bin gesund.

 

 

2. Und wohin sollte ich dir schreiben? Wohin

             haben sie euch verbannt?

Ich bin schon glücklich, dass ich ihnen entkam,

aber wo bist du, wohin haben sie dich getrieben?

Vielleicht hat dich der Hunger in Schlesien

             zernagt?

3. Wo auch immer du bist, überall bin ich mit dir,

überall ist bei dir mein Gruß,

und wo ich bin, bist auch du mit mir,

deshalb denke nicht, dass ich zurückgelassen

             habe!

 

4. Vielleicht schaust du mir niemals wieder ins

             Gesicht,

wenngleich ich dich niemals vergessen werde,

und wünsche ich mir, dass mir die Stimme nicht

             eher verstumme,

solange ich dir nicht berichte.

Mutter sieh! Diese Welt ist auch für dich.

 

   
   

         Texte        Weisst du, Mutter

                          auteur : Karel Destovnik-Kajuh, chanteur slovène

                          traduction de Silviia Kavcic, p. 95

 

                      1. dans Europa im Kampf 1939-1944

                          Internationale Poesie aus dem

                          Frauenkonzentrationslager Ravensbrück, p. 95

                          Constanze Jeiser – Jakob David Pampuch éditeur

                          Metropol Verlag 2005 Berlin

 

                      2. dans Europa v boij, 1939-1944

                          contient les textes du 1er livre en langue originale

                          Metropol Verlag 2005 et 2009, Berlin

                          original : Kje si, Mati , p. 53

                          fr. : Yves Kéler Bischwiller

 

         Mélodie :   Matja Bavnicar et Dragotin Cvetko, pendant la guerre.

                          

 

  Le texte

 

         Ce poème fut écrit par un homme, Karel Destovnik-Kajuh, militant des jeunesses communistes. Il devint un des plus importants poètes de la résistance, et s’engagea en septembre 1943 dans un groupe de partisans et devint le dirigeant de son action culturelle. Il mourut dans une attaque allemande.

         Le parti communiste se battait contre les trois occupants qui avaient partagé le pays : les allemands, les italiens et les hongrois. Mais il préparait l’après-guerre, en réunissant des meetings de civils, durant lesquels on parlait politique, tenait des discours, récitait des poèmes et chantait des chants. C’est ainsi que les œuvres de Karel furent connues de beaucoup et qu’on les retrouve dans les camps de concentration. Mara Cepic, une des premières des 2.300 femmes slovènes internées, raconte que de plus en plus de chants de libération pénétraient dans le camp avec l’arrivée de nouvelles prisonnières.

         Les femmes slovènes du camp étaient soit des membres du parti communiste soit proches du mouvement de libération. Elles étaient souvent déportées en tant que membres de la famille de résistants non pris. Ces femmes s’identifiaient avec la résistance dans leur pays et se sentaient des partisanes enfermées.

         Le poème à sa mère date de 1941-42, où Karel dut couper les liens avec sa famille à cause de son combat. Mais la famille a dû être déportée, car il écrit : « Wohin haben sie euch verschleppt ? – Où vous ont-ils trainés ? » L’auteur suppose que cela peut être la Silésie, vers laquelle des milliers de familles slovènes furent déportées : « Vielleicht hat dich der Hunger in Schlesien zernagt? Peut-être la faim en Silésie t’a-t-elle rongée ? »

        Le poème fut beaucoup reproduit dans des revues clandestines, et mis en musique par Matja Bavnicar et Dragotin Cvetko.

        (d’après op. cit. p.96)

       

 

 

 

 


 

 

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