« Pasteur Yves Kéler, retraité de l'Eglise de la Confession d'Augsbourg d'Alsace
et de Lorraine (ECAAL)/Union des Eglises Protestantes d'Alsace et de Lorraine (UEPAL)
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*1939 - † 2018

 

LITT KZRavensbrück 142 NON LOIN DE BERLIN, LA CAPITALE Nicht weit von Berlin, von der Hauptstadt

 

NON LOIN DE BERLIN, LA CAPITALE

Nicht weit von Berlin, von der Hauptstadt

 

Ravensbrücklied

Zina 1942

russe

 

1. Non loin de Berlin, la capitale,

    Un bout de terre entouré d’eau,

    Où nous vivons derrière le mur :

    Là se trouve le KZ Ravensbrück.


2. En bois, trente-deux baraques,

    Bunker, cuisine, atelier, hôpital,

    Et les filles vont sans casaque.

    On est encore en mars, glacial.

 

3. Ils nous réveillent tôt, avant le jour.

    De l’eau chaude, c’est notre repas.

    Puis à l’appel dans le froid,

    Et c’est parti pour le travail.

 

4. Nous ne craignons pas le travail,

    Mais nos ne voulons pas trimer pour eux.

    Nos dansons joyeuses et chantons,

    Mais nos cœurs sont amers mais chagrins.

 

5. L’horrible froid nous fait sangloter,

    Car nous n’avons que de simples habits,

    Cela nous rappelle à la réalité

    Que le monde est plein de guerre et de feu.

 

6. Que pleurent les frères et les sœurs,

    Père, mère, mes bien aimés à la maison,

    Mais les combats sur les fronts sont violents

    Et la fin de notre tourment approche.

 

7. Tête haute donc, fortes, camarades,

    Chantez bien, tenez jusqu’en mai.

    Encore deux, trois, tortures à subir

    Et le rossignol passe déjà.

 

8. Il ouvrira la porte de la liberté,

    Nous ôtera l’habit rayé,

    Il guérira les blessures du cœur,

    Nous consolera et calmera notre Deuil.

 

9. Femmes russes, encouragez les cœurs !  

    Vous êtes russes, pensez-y !

    Gardez à l’esprit que nous verrons bientôt

    Notre terre russe, à nouveau.

 

1. Nicht weit von Berlin, von der Hauptstadt

ein Stück Erde, das Wasser umgibt,

darauf leben wir hinter der Mauer

darauf steht das KZ Ravensbrück.'


2. Aus Holz zweiunddreißig Baracken

Bunker Küche, BBetrib und Revier '

Und die Mädchen, sie geh'n ohne Jacken

und wir haben noch März und es friert.

 

 3. Sie wecken uns lang, eh es hell ist,

heißes Wasser, das ist unser Mahl

dann hinaus zum Appell, in die Kälte,

danach geht's in den Arbeitstag.

 

 4. Wir fürchten uns nicht vor der Arbeit,

doch für sie schuften wollen wir nicht.

Lustig tanzen und singen wir, aber

unsere Herzen füllt Gram bitterlich.

 

5. Macht die grimmige Kälte uns schluchzen,

Denn wir haben ja Kleider nur an,

dann rufen wir uns ins Bewusstsein

dass die Welt ist voll Feuer und Kampf,

 
6.dass jetzt weinen die Brüder und Schwestern

Vater, Mutter, die Liebsten daheim, 

doch der Kampf an den Fronten ist heftig

und das Ende naht unserer Pein. 

 

 7. Also Kopf hoch, bleibt stark, Kameradinnen,

kühner singt, haltet durch bis zum Mai!

Nur noch zwei, drei Torturen ertragen,

und die Nachtigall fliegt schon herbei.

 

8. Sie wird öffnen das Tor in die Freiheit,

von uns nehmen das Streifenkleid,

und die Wunden des Herzens uns heilen

und uns trösten und stillen das Leid.

 

9. Macht dem Herzen Mut, russische Frauen!

Denkt daran, dass ihr Russinnen seid!

Habt vor Augen, bald werden wir schauen

unsere russische Erde erneut!

 

         Texte        Nicht weit von Berlin, von der Hauptstadt

                          auteur : Zina, russe, 1942

                          traduction allemande de Elke Erb, p. 142

                                                                                                               

                      1. dans Europa im Kampf 1939-1944

                          Internationale Poesie aus dem

                          Frauenkonzentrationslager Ravensbrück, p.

                          Constanze Jeiser – Jakob David Pampuch éditeur

                          Metropol Verlag 2005 Berlin

 

                      2. dans Europa v boij, 1939-1944

                          contient les textes du 1er livre en langue originale

                          Metropol Verlag 2005 et 2009, Berlin

                          original Ravenzsbrück Pesia :, p. 41                    

                          fr. : Yves Kéler 7.11.2014 Bischwiller

 

         Mélodie    chant populaire russe, du temps des tsars.

 

 

 

Le texte

        Le texte est d’origine russe, attribué à une certaine Zina. Chez les russes, le thème de la femme au combat et de sa glorification est récurrent chez les soviétiques. Le chant a été compris comme un « Lagerlied – Un chant de camp » dans ce camp de femmes, malgré sa forme communiste, parce que toutes les femmes se sentaient concernées par ce combat. Presque toutes les survivantes russes y font allusion. L’origine du chant est probablement dans les milieux des travailleurs forcés du tsar. La mélodie proviendrait d’un chant de prisonniers russes en Sibérie à l’époque tsariste.

 

        Il a connu beaucoup de variantes dans les camps nazis, jusqu’à 30 strophes, adaptées à la situation et à la nationalité de tel ou tel groupe. Car le chant a été abondamment traduit dans les diverses langues employées dans les camps. Il existe une variante juive : «  Höher die K¨pfe, jüdische Mädchen ! Seid jüdisch überall - Levez vos têtes, filles juives ! Soyez juives partout ! » Une variante russe, citée par Jefrosina Tkacova, dit ceci à la fin :


« Wir haben keine Angst vor Pest und Peitschen,

Wir haben keine Angst vor ihren riesigen Hunden.

Man wird nicht das sowjetische Mädchen brechen

Und man in ihr nicht die lebendige Schönheit töten.

Wir werden uns aufrichten auf unseren Lieder und Märchen

Die wir auch hier laut singen.

 

Nous n’avons pas peur de la peste et des fouets,

Nous n’avons pas peur de leurs gigantesques chiens,

On ne brisera pas la fille soviétique

Et on ne tuera pas en elle la vivante beauté.

Nous nous soutiendrons par nos chants et nos contes

Qu’ici aussi nous chantons à haute voix. » 

 

        Deux prisonnières russes, du même prénom Zinaida, seraient les auteurs du chant, résumées dans l’abréviation « Zina. » Les commentateurs soviétiques n’attachaient pas grande importance aux personnes des auteurs. La dimension collective et révolutionnaire leur paraissait plus importante. Le nombre des internées d’origine russe était important. On l’estime entre 18.000 et 25.000.

         Le rossignol qui passe déjà est en allemand au féminin : « Die Nachtigall », alors qu’en russe il est masculin, comme en français. Le rossignol russe caché derrière l’allemand serait le libérateur soviétique qui s’approche. Le rossignol est symbole de joie et d’amour. Son chant est gai et joyeux. Mais l’oiseau a aussi un chant grave s’il perd un de ses petits et est  de ce fait aussi symbole de la plainte dans le deuil.    

 

 

 

 

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