« Pasteur Yves Kéler, retraité de l'Eglise de la Confession d'Augsbourg d'Alsace
et de Lorraine (ECAAL)/Union des Eglises Protestantes d'Alsace et de Lorraine (UEPAL)
»

*1939 - † 2018

 

 

 

 

 

A ESTERWEGEN DANS LE CAMP

In Esterwegen bin ich zwar

 Mélodie : d’après „Ich bin ein Bub vom Elstertal“

 

       

 

1.A Esterwegen, dans le camp,

        hollario, holdrio,

    Je suis des mois, des jours, des ans,

        hollario, holdrio.

    Demandez où va mon esprit ,

    Je répondrai : « Vers ma patrie ! »

 

2. Et chaque jour dès tôt matin, holl...

    C’est la fatigue et le turbin. holl...

    Alors joyeux je pense aux miens

    Qui sont là-bas au loin.

 

3. Jamais, non, je ne me plaindrais. holl...

    Mon chant retentit clair et frais. holl...

    Qu’on nous force au travail, au sport,

    Toujours un chant prend son essor.

 

4. Pour nous aussi le temps viendra, holl...

    Où la détention finira. holl...

    Alors nous rentrerons chez nous,

    Qu’il pleuve, vente ou souffle doux.

 

5. Tant qu’Esterwegen, je vivrai, holl...

    Au dur chemin je penserai. holl...

    Car qui dans tes murs a été

    Est très pressé de s’en aller.

 

In Esterwegen bin ich zwar,

hollaria, holdrio

so manchen Monat, Tag und Jahr,

hollaria, holdrio

Und fragt ihr mich, wo steht dein Sinn

so sage ich: „Zur Heimat hin!“

 

An jedem Morgen in der Früh, holl...

beginnt des Tages Last und Müh, holl...

Dann denk ich frohgemut und gern

an meine Lieben in der Fern.

 

Doch nimmermehr will klagen ich, holl...

ein Lied, ein Lied klingt klar und frisch, holl...

Ob Arbeitsdienst, ob Sport uns zwingt

doch stets ein frohes Lied erklingt

 

Doch auch für uns kommt mal die Zeit, holl...

wo aus der Schutzhaft wir befreit, holl...

Dann werden froh wir heimwärts zieh´n

ganz gleich, ob’s schneit, ob Rosen blüh´n

 

O Esterweg´, so lang ich leb, holl...

denk ich an deinen Leidensweg, holl...

Denn wer in Esterwegen weilt

aus seinen Mauern froh enteilt

         Texte        In Esterwegen bin ich zwar

                          auteur inconnu

                          dans Lieder aus den faschistischen

                                   Konzentrations-Lagern

                          Veröffentlichung der Deutschen Akademie

                          der Künste in Berlin, Sektion Musik,

                          Abteilung Arbeiterlied

                          Das Lied – Im Kampf geboren, Heft 7, Nr 5 S. 27

                          Zusammengestellt von Inge Lammel und Günter Hofmeyer

                          VEB Friedrich Hofmeister Leipzig 1962

                          fr. : Yves Kéler

 

         Mélodie      d’après « Ich bin ein Bub vom Elstertal », chant militaire

                            compositeur inconnu

 

 

Le texte

         Ce chant était parmi les rares qui furent autorisés par la SS et pouvait être chanté ouvertement comme « chant du camp. » D’après un récit de Karl Wloch, il serait né dans le camp de Lichtenburg, sur l’Elbe, où il disait initialement : « Ein Lichtehäftling war ich zwar – J’étais un détenu de la Lichte, c’est vrai », (Lichte : « colline claire » sur laquelle se tenait le château de Lichtenburg), et dans la dernière strophe : « O Lichtenburg, solang ich leb – O Lichtenburg, tant que je vivrai. » D’ailleurs, le chant était très répandu dans d’autres KZ, sous le nom de « Esterwegenlied – Chant d’Esterwegen. » Dans les Moorlager- camps de marais, la première strophe « In Estewegen bin ich zwar – A Esterwegen je suis, c’est vrai », était chantée, après le transfert des prisonniers : « In Estewegen war ich zwar – A Esterwegen j’étais, c’est vrai. » (op.cit. p. 28) 

         Sur Internet, en italien

         Esterwegen est une ville allemande, en Basse Saxe (Kreis Ems.) En 1933 les nazis y construisirent un camp de concentration qui devint plus tard, à la fin de la guerre, un camp de prisonniers destiné aux détenus politiques, qu’ils soient allemands ou des territoires occupés, en particulier les opposants capturés sur la base du décret de Hitler de 1941 appelé « Nacht und Nebel – Nuit et brouillard »,  avec lequel la « disparition » des opposants devint pour la première fois dans l’histoire moderne une méthode formelle adoptée par un Etat. Et la méthode produisit de si bons fruits qu’elle fut plus tard adoptée, comme nous le savons, par d’autres gouvernements pendant les décennies suivantes.

 

        L’ « Esterwegenlied – Chant d’Esterwegen » est l’hymne du camp d’Esterwegen et dura de 1934 à 1935.  Le texte est une variante d’un autre chant de prisonniers, « Ein Lichtehäftling war ich zwar. » La musique est une adaptation d’un motif militaire : « Ich  bin ein Bub vom Elstertal. »

 

 

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