« Pasteur Yves Kéler, retraité de l'Eglise de la Confession d'Augsbourg d'Alsace
et de Lorraine (ECAAL)/Union des Eglises Protestantes d'Alsace et de Lorraine (UEPAL)
»

*1939 - † 2018

 Pénitencier Berlin Alexanderplatz

 

 

 

 

OUI, A L’ALEX, OUI, A L’ALEX
Ja, am Alex, ja, am Alex

 Mélodie : d’après le chant populaire

« Lieschen ging im Wald spazieren »

 

       

 

1. Oui, à l’Alex, oui, à l’Alex

    Est une prison.

    Qui est un jour est entré,

    Pour en sortir, c’est « Non. »

 

Refrain

    Oui, oui, oui et oui,

    C’est triste, mais bien vrai.

    Non, non, non et non,

    Pour toujours, ce n’est pas vrai !

 

2. Le « dragon » » devant la porte

    S’agite avec ses clés.

    Une fille aux joues mortes

    En est tirée. Refrain

   

3. A la vitesse de l’éclair,

    On descend à l’audition.

    D’abord on n’a rien fait,

    Puis c’est l’inflation. Refrain

 

4. Le commissaire à l’audition

    Se met à gueuler :

    « Truie communiste, putain de con,

    ne mens pas, tu vas cracher ! » Refrain

 

5. A vitesse de l’escargot,

    On remonte vers le haut.

    Dans la cellule serrée,

    Montrer son cul blessé. Refrain

 

6. Les punaises, riteratze,

    La nuit, quel malheur.

    Secouer sa matratze ?  (Matelat)

    Non, dit « Adèle », la terreur. Refrain

 

7. Soupe de pois, de haricots,

    Orge perlé, sec, le pain.

    Sans les paquets et les gâteaux,

    C’est bientôt la fin. Refrain

 

8. Notre chanson touche à sa fin,

    L’arrestation aussi.

    Par la « Verte Minna* »,

    Je file à Moabit**. Refrain

 

*Grüne Minna (abréviation de Wilhelmina) : « panier à salade » prussien créé en 1866

** Moabit, une prison de Berlin, de sinistre mémoire

1. Ja, am Alex, ja, am Alex

steht ein festes Haus,

wer einmal hineingeraten,

kommt so leicht nicht raus.

 

Kehrvers

     Ja, ja, ja, ach ja,

     's ist traurig, aber wahr,

     nein, nein, nein, ach nein,

     für immer, da kann das nicht sein.

 

2. Der Dragoner mit dem Schlüssel

rasselt vor der Tür.

Eine Maid mit bleichen Wangen

tritt daraus herfür.   Kehrvers

 

3. Und mit Blitzesschnelle

geht es 'runter zum Verhör,

erst hat man gar nichts begangen,

dann wird's immer mehr.   Kehrvers

 

4. Beim Verhör der Kommissar

fängt gleich an zu schrein: ,

« Alte Sau, du rote Hure,

lass das Leugnen sein! »   Kehrvers

 

5. Und im Schneckentempo geht

es wieder in die Höh,

und in der Gemeinschaftszelfe

zeigt man den Popö.   Kehrvers

 

6. Und die Wanzen, ritzeratze,

nachts, o welche Plein,

willst du klopfen die Matratze,

sagt Adele nein.   Kehrvers

 

7. Erbsensuppe, Bohnensuppe,

Graupen, trocken Brot.

Kämen nicht die Fresspakete,

wäre grosse Not.   Kehrvers

 

8.Unser Lied ist jetzt am Ende

und die Schutzhaft mit.

in der „Grünen Minna* “ geht es

jetzt nach Moabit.   Kehrvers

 

n

         Texte        Ja, am Alex, ja, am Alex

                          auteurs : un collectif de prisonniers

                          dans Lieder aus den faschistischen

                                   Konzentrations-Lagern

                          Veröffentlichung der Deutschen Akademie

                          der Künste in Berlin, Sektion Musik,

                          Abteilung Arbeiterlied

                          Das Lied – Im Kampf geboren, Heft 7, Nr 43 S. 133

                          Zusammengestellt von Inge Lammel und Günter Hofmeyer

                          VEB Friedrich Hofmeister Leipzig 1962

                          fr. : Yves Kéler 7.5.2015 Gréoux

 

         Mélodie      d’après le chant populaire

                         « Lieschen ging im Wald spazieren »

 

 

Le texte

        Ces vers naquirent en 1934 dans le collectif d’une grande cellule commune des détenues aux Praesidium de la Police de Berlin. Ils décrivent les chicaneries que les femmes devaient supporter chaque jour. L’appellation « Dragon » (str. 2) était le surnom d’une gardienne particulièrement robuste, et par « Adèle » était nommée la directrice de la prison pour femmes. (op. cit. p. 135.)

         L’«Alex » est l’abréviation courante à Berlin, pour « Alexanderplatz », appelée ainsi du nom de l’Empereur de Russie Alexandre 1er en 1805, parce qu’on espérait qu’il protégerait la Prusse conte Napoléon, ce qu’il ne fit pas, au grand dam des Prussiens et de la reine Louise qui avait œuvré au rapprochement éphémère avec Napoléon. La prison du Polizei-Praesidium, créée en 1890, était le plus gros bâtiment de Berlin après le Palais royal, et devint en 1933 le siège de la Gestapo, avec des cellules. Dans une de celles-ci naquit le chant. Après les destructions la guerre, l ‘Alexanderplatz a changé fortement de physionomie et est devenu la vitrine de l’architecture communiste en DDR.

         La prison de Moabit, appelée du nom du quartier de Berlin où elle ses situe, fut créée comme prison royale de Prusse en 1881. A l’époque nazie, beaucoup d’opposants y furent internés. Fortement détruit par les bombardements, une partie fut reconstruite après la guerre, dont un bâtiment classé monument historique.

         En passant de la prison du Praesidium (direction) de la police de l’Alex à celle de Moabit, la/les détenue ne quittait pas Berlin.

Grüne Minna

         Ce fourgon cellulaire créé en Prusse en 1866 porte un nom issu du « Rotwelsch », la langue argotique des brigands allemands, contenant des mots détournés, des emprunts à des langues étrangère et du yiddish. « Welsch –Français », du mot de « Gaulois – Welsch » en allemand, désignait un sabir de langues mélangées et incompréhensible comme le français pour les allemands des 16e –19e siècles. (Les français disaient de même : « C’est de l’allemand ! ») On trouve aussi le terme de « Heckenwelsch – Welsche des haies » qui désigne le mélange d’allemand et de français parlé sur les limites entre les deux langues, en particulier en Alsace-Lorraine. « Grün – Vert » désignait les brigands, qui dormaient au vert dans les alentours des villes. « Minna » est le titre, un peu péjoratif, donné à une bonne, comme en France « Marie. » La « Grüne Minna » est donc la « servante verte = des brigands. » Certains disent que cette référence au vert viendrait aussi de la couleur des véhicules.

 


 

 

 

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