« Pasteur Yves Kéler, retraité de l'Eglise de la Confession d'Augsbourg d'Alsace
et de Lorraine (ECAAL)/Union des Eglises Protestantes d'Alsace et de Lorraine (UEPAL)
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*1939 - † 2018

 

JOUR, LOUANGE                               N° 26
ÉTÉ, NATURE,
SAUVEGARDE DE LA CRÉATION

 


                 MON CŒUR, EN CE BEAU TEMPS D’ÉTÉ
        Geh aus, mein Herz, und suche Freud, Pr 1653/56 

                Sommergesang – Chant d’été (E 1666/67)

                                     Psaume 104

                    Mélodie: Nun Hosiann Davids Sohn

                                                VI 8.8.7f / 8.8.7f

T                           raduction de Elsa Laborie

 

                         A.   Louange terrestre : la beauté de la création

1.

Mon cœur, en ce beau temps d’été, 

ICH-MOI

Geh aus, mein Herz, und suche Freud

 

Dieu nous invite à la gaieté, 

 

In dieser lieben Sommerzeit

 

Répandant ses largesses.

 

An deines Gottes Gaben ;

 

Vois la beauté de nos jardins

 

Schau an der schönen Gärtenzier

 

Qui pour nos joies, dès le matin,

 

Und siehe, wie sie mir und dir

 

Se parent de richesses

 

Sich ausgeschmücket haben.

 

2.

Les arbres au feuillage dru      

DIE-LA

Die Bäume stehen voller Laub,

 

Et l’herbe couvrent le sol nu

 

Das Erdreich decket seinen Staub

 

D’un manteau de verdure.

 

Mit einem grünen Kleide;

 

Vois, les narcisses dans les champs

 

Narzissus und die Tulipan,

 

Sont mieux vêtus que Salomon

 

Die ziehen sich viel schöner an

 

Dans toutes ses parures !

 

Als Salomonis Seide.

                                 *                                                                                          *

3.

La tourterelle prend son vol,

 

Die Lerche schwingt sich in die Luft,

 

L’alouette et le rossignol

 

Das Täublein fleucht aus seiner Kluft

 

Recherchent les ombrages.

 

Und macht sich in die Wälder;

 

Tous les oiseaux font résonner

 

Die hochbegabte Nachtigall

 

De leur chant tendre et modulé

 

Ergötzt und füllt mit ihrem Schall

 

Forêts et pâturages.

 

Berg, Hügel, Tal und Felder.

 

4.

 

 

La poule garde ses poussins ;

Cigogne sur le toit se tient,

Sous le bord l’hirondelle.

Chevreuil et cerf, biche apeurée,

Dans les vallons s’en vont brouter

Leur herbe fraîche et belle.

 

 

Die Glucke führt ihr Völklein aus,

Der Storch baut und bewohnt sein Haus,

Das Schwälblein speist die Jungen 

Der schnelle Hirsch, das leichte Reh

Ist froh und kommt aus seiner Höh

Ins tiefe Gras gesprungen

 

                                *                                                                                          *

5.

 

 

 

 

 

 

6.

 

 

 

 

 

 

7.

Les eaux bruissantes dans les prés

Et leurs rivages sont ornés

De verts buissons pleins d’ombre.

Là les troupeaux et leurs bergers

Vont au soleil du plein été,

Points clairs sur l’herbe sombre.

 

L’abeille infatigablement

De fleur en fleur va butinant

Son nectar avec zèle.

Le cep puissant pousse des fruits,

La sève monte jour et nuit

Dans ses sarments si frêles.

 

Le blé qui pousse avec vigueur

Les champs dorés, semés de fleurs,

Au grand Dieu rendent gloire.

Il comble au cœur tous les humains,

De tant de dons, de tant de biens :

A Dieu soit toute gloire !

 

 

Die Bächlein rauschen in dem Sand

Und malen sich in ihrem Rand

Mit schattenreichen Myrten. 

Die Wiesen liegen hart dabei

Und klingen ganz von Lustgeschrei

Der Schaf und ihrer Hirten.

 

Die unverdrossne Bienenschar

Fleucht hin und her, sucht hie und dar

Ihr edle Honigspeise ;

Des süssen Weinstock starker Saft

Bringt täglich neue Stärk und Kraft

In seinem schwachen Reise.

 

Der Weizen wächset mit Gewalt,

Darüber jauchzet Jung und Alt

Und rühmt die grosse Güte

Des, der so überflüssig labt

Und mit so manchem Gut begabt

Das menschliche Gemüte

                                *                                                                                          *

8.

Et moi je ne me tairai point :  

ICH-MOI

Ich selbsten kann und mag nicht ruhn ;

 

Mon Dieu, ta grâce et tous tes soins

 

Des grossen Gottes grosses Tun

 

M’ont délié la langue !

 

Erweckt mir alle Sinnen ;

 

Oh ! que jaillisse de mon cœur

 

Ich singe mit, wenn alles singt,

 

Un cantique au Dieu créateur

 

Und lasse, was dem Höchsten klingt,

 

Comme une sainte offrande.

 

Aus meinem Herzen rinnen.

                         B.   Louange céleste : la beauté du paradis

9.

Seigneur, si tu es ici-bas   

 

Ach, denk ich, bist du hier so schön

 

Si bon, si généreux déjà

 

Und lässt du uns so lieblich gehn

 

Sur notre pauvre terre,

 

Auf dieser armen Erden,

 

Que sera-ce un jour dans ton ciel,

 

Was will doch wohl nach dieser Welt

 

Cité promise à Israël,

 

Dort in dem festen Himmelszelt

 

Où règne ta lumière ?

 

Und güldnen Schlosse werden !

 

10.

L’éclat qui luira dans ce lieu,

Les harmonies devant mon Dieu

Et les myriades d’anges

Tous chantent d’une même voix :

« Alléluia, Alléluia,

A Dieu seul la louange ! »

 

WELCH-

QUELLE

Welch hohe Lust, welch heller Schein

Wird wohl in Christi Garten sein !

Wie muss es da wohl klingen,

Da so viel tausend Seraphim

Mit eingestimmten Mund und Stimm

Ihr Halleluia singen !

                                *                                                                                          *

11.

Oh ! que ne suis-je déjà là,

Devant ton trône, Dieu mon Roi

Et dans les mains mes palmes.

Je chanterais parmi les chœurs

Des anges, comme l’un des leurs,

Tous les plus beaux des Psaumes.

 

ICH-MOI

O wär ich da, o stünd ich schon,

Ach süsser Gott, vor deinem Thron,

Und trüge meine Palmen,

So wollt ich nach der Engel Weis

Erhöhen deines Namens Preis

Mit tausend schönen Psalmen.

 

                         C.   Louange terrestre : la consécration du fidèle

12.

Mais puisque encor je vis ici

Avec mon corps et mes soucis,

Je veux te rendre grâces.

Où que je sois, que tout mon cœur

Ne batte qu’en toi seul, Seigneur,

Et jamais ne s’en lasse.

 

 

Doch gleichwohl will ich, weil ich noch

Hier trage dieses Leibes Joch,

Auch nicht gar stille schweigen 

Mein Herze soll sich fort und fort

An diesem und an allen Ort

Zu deinem Lobe neigen.

 

13.

Accorde-moi en ton saint nom,

Dieu, toute ta bénédiction :

En moi tout sanctifie.

Produis des fruits de sainteté

En moi par grâce et par bonté,

Tous les jours de ma vie.

 

Impératif

Hilf mir und segne meinen Geist

Mit Segen, der vom Himmel fleusst,

Dass ich dir stetig blühe !

Gib, dass der Sommer deiner Gnad

In meiner Seele früh und spat

Viel Glaubensfrücht erziehe 

 

           

                                *                                                                                          *

14.

Par ton Esprit transforme-moi 

 

Mach in mir deinem Geiste Raum,

 

En arbre verdoyant pour toi,

 

Dass ich dir werd ein guter Baum,

 

Dont les racines boivent

 

Und lass mich Wurzel treiben ;

 

L’eau qui les baigne et les nourrit ;

 

Verleihe, dass zu deinem Ruhm

 

Ainsi la cime refleurit

 

Ich deines Gartens schöne Blum

 

Sans cesse pour ta gloire !

 

Und Pflanze möge bleiben.

 

15.

Oh ! prends-moi dans ton Paradis!

 

Erwähle mich zum Paradeis

 

Je veux, jusqu’au pays promis,

 

Und lass mich bis zur letzten Reis

 

T’aimer de tout mon être.

 

An Leib und Seele grünen ;

 

Oh ! je voudrais me perdre en Toi,

 

So will ich dir und deiner Ehr

 

Ici, puis dans le ciel, mon Roi,

 

Allein und sonsten keinem mehr

 

Te voir et te connaître !

 

Hier und dort ewig dienen. 

 


Texte :

Geh aus, mein Herz, und suche Freud
Paul Gerhardt 1653
Cr Si 140/40
RA 326, EKG 371, EG 503
fr. : Elsa Laborie 1988 (Belgique) * 1910
Carnet Jaune de Woerth, 1986, en 15 strophes
ABD Alléluia, bénissez Dieu 1988, n° 552, en 7 strophes

Mélodie :

Nun Hosianna, Davids Sohn
chez Balthasar König 1738
RA 326,
Mon coeur, en ce beau temps d’été
ABD 552

ou Geh aus, mein Herz, und suche Freud
August Harder 1813
EKG 371, EG 503

ou Kommt her zu mir, spricht Gottes Sohn
1505, spirituel 1530, Nuremberg 1534
RA 410, EKG 245, EG 363
Cette mélodie est proposée par Ebeling en 1666

 

Le texte

La traduction d’Elsa Laborie

La traduction est d’Elsa Laborie, qui vivait en Belgique. Elsa Laborie a traduit le texte intégralement. Sept strophes en avaient été retenues pour ABD en 1988, par Ernest Muller, qui connaissait cette personne, habitant la Belgique et qu’il avait fait venir à Strasbourg pour une réunion de travail, dans le cadre de la révision du Louange et Prière. Je n’ai pas réussi à la situer davantage. Le texte complet de sa traduction figure dans le Carnet Jaune de la paroisse de Woerth, Bas-Rhin. Elsa Laborie a fait d’autres traductions, qu’elle avait présentées à la réunion précitée, mais je ne sais pas si elles ont été publiées.

L’émerveillement de Paul Gerhardt

Paul Gerhardt a écrit là un chant très remarquable par son plan. On peut le diviser en trois grandes parties, de longueur différente :

A. la louange terrestre, des strophes 1 à 8, consacrée à célébrer la beauté de la création
terrestre dans laquelle nous vivons actuellement.
B. la louange céleste, des strophes 9 à 11: la louange dans le Royaume, celle du paradis à
venir, qui est comme la quintessence sublimée de notre monde
C. la louange terrestre, des str. 12 à 14 : la louange sur la terre, en attendant le Royaume

Les trois parties ont un contenu différent : la 1e partie est une description de la création de Dieu. La 2e partie une louange céleste, la 3e ramène à la louange terrestre du Créateur. Le passage de la seconde à la troisième est marqué par les paroles : « …weil ich noch Hier trage dieses Lebens Joch – puisque je porte encore Ici le joug de cette vie », traduit par : « Mais puisque encor je vis ici ». L’auteur est ramené sur terre, puisqu’il n’est pas encore au ciel pour en contempler la beauté. C’est cet aller-retour « terre-ciel-terre » qui fait l’originalité du plan de Gerhardt.
La description de la création dans les strophes 1 à 8, avec son cortège de plantes et d’animaux, sauvages et de basse-cour, est la partie la plus célèbre du chant. Celui-ci a connu un immense succès à travers les siècles et est toujours chanté avec joie dans beaucoup de paroisses, surtout rurales.

La mélodie

Ce chant connaît plusieurs mélodies. Cranach-Sichart signale une mélodie d’origine, proposée par Ebeling : « Den Herren meine Seel erhebt », qui est probablement celle d’un Magnificat. Puis celle de « Kommt her zu mir, spricht Gottes Sohn », qui est celle d’une ballade de Georg Grünwald, de 1530. D’autres mélodies, très belles, pour chorales à quatre voix existent.

Mais la belle mélodie classique est celle de Balthazar König : « Nun Hosianna, Davids Sohn », une mélodie des Rameaux, qui s’adapte bien au texte et qu’on trouve dans le Recueil alsacien RA 326. En Allemagne en revanche, les recueils EKG 371 et EG 503 proposent la mélodie de August Harder de 1813, qui s’apparente au Lied allemand romantique. Elle est allante et populaire, mais il faut la chanter avec légèreté, retenue et modulation, pour éviter qu’elle n’ait l’allure d’un chant de marche folklorique.

 

 

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