« Pasteur Yves Kéler, retraité de l'Eglise de la Confession d'Augsbourg d'Alsace
et de Lorraine (ECAAL)/Union des Eglises Protestantes d'Alsace et de Lorraine (UEPAL)
»

*1939 - † 2018


JUSTIFICATION FRERES MORAVES

 

    TOUT TON SALUT, PEUPLE CHRETIEN
    Rév. de « Tout ton salut, peuple chrétien »

        Mél : Es ist das Heil uns kommen her

                    Original allemand :
           Es ist das Heil uns kommen her

 

1. Tout ton salut, peuple chrétien str. 1
Te vient par pure grâce ;
Nos œuvres ne méritent rien
Et n’ont nulle efficace.
La foi regarde à Jésus-Christ,
L’agneau de Dieu, qui seul souffrit
La mort à notre place.

2. La Loi condamne le pécheur str. 2
Le met sous la colère ;
Mais l’Evangile annonce au cœur :
« Par cette mort amère,
Que Christ souffrit, pendu au bois,
Tu es sauvé, et, si tu crois,
Tu verras la lumière. »

3. A la Loi Christ a satisfait str. 3 (6)
Par son obéissance.
Apprends-donc maintenant quelle est
La foi en sa substance.
Rien d’autre que : Ta mort, Seigneur,+
Seule est ma vie et mon bonheur,
Ton sang ma délivrance.

4. Ne reste que la rémission str. 4
De Dieu, rien que sa grâce.
Car Dieu n’a nulle obligation,
Quoique les hommes fassent.
Dieu chasse le juste orgueilleux
Sur tous les pécheurs malheureux
Il fait briller sa face. (1862)

( texte de 1839 : Et ne se montre gracieux
Qu’à qui se sent coupable.)


Le texte

Tout ton salut, peuple chrétien
Original : Es ist das Heil uns kommen her
Paul Speratus, 1523
Traducteur non signalé
dans Psalmodies moraves
1785 – 1839 : n° 165, , 1862, n°
rév. : Yves Kéler, 9.8.2014 Bischwiller

Mélodie

Es ist das Heil uns kommen her
Mayence 1390, Nuremberg 1523/24
RA 176, EKG 242, EG 342


Le texte

Le texte donné ici est fait de la traduction des 4 premières strophes de l’original, qui en compte 14. On peut supposer que la traduction de toutes les strophes existait, car on peut établir la concordance avec les parties originales. Les 2 strophes finales de l’original : 13. « Sei Lob und Ehr mit hohem Preis – Soit louange et gloire avec acclamation », et « Sein Reich zukomm; sein Will auf Erd », ne sont pas données ici. On n’a donc pas cherché à les reproduire pour achever le chant, mais on a simplement conservé les 4 premières strophes qui traitent de la mort rédemptrice suffisant du Christ et de l’inutilité des œuvres pour le salut. Donc pour des raisons dogmatiques.

En effet la thèse du salut par la grâce seule et de l’inutilité des œuvres est développée par Speratus en 1523. Il s’agit d’un des premiers chants explicitant la dogmatique luthérienne. Ces 4 premiers versets la résument bien, les 8 versets suivants de 4 à 12 ne sont que des développements. Or les frères de Herrnhut sont de dogmatique luthérienne, mais d’expression piétiste de leur foi. Les vieux cantiques luthériens sont donc repris dans leur hymnologie.

La traduction suit à peu près le texte et permet d’identifier les strophes originales.

A la 4e strophe, une variante dans la prosodie. En effet, aux strophes 1 à 3, le traducteur fait rimer les vers 1, 3, et 7. A la 4e strophe, le vers final ne rime pas les vers 1 et 2. Cette forme est celle de l’original allemand. Cette irrégularité dans le texte de la traduction figure dans les 3 éditions de 1785,196,1839, et révèle une modification du texte de cette 4e strophe. En effet, l’édition révisée de 1862 Montmitail donne un texte qui est probablement l’original de 1747 : « Mais sur les pécheurs malheureux Il fait luire sa face », dont le dernier mot rime avec les vers 1 et 3. L’édition de 1862 n’a pas établi le texte intégral. J’ai aussi rétabli ce texte en le révisant pour la chute des accents.

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