« Pasteur Yves Kéler, retraité de l'Eglise de la Confession d'Augsbourg d'Alsace
et de Lorraine (ECAAL)/Union des Eglises Protestantes d'Alsace et de Lorraine (UEPAL)
»

*1939 - † 2018


MORT
ENTERREMENT
                                                                                

                                                                                   

           QUE PRECAIRE ET EPHEMERE
                 EST LA VIE DES HOMMES !
         Ach wie flüchtig, ach wie nichtig 

       Mélodie: Ach wie flüchtig, ach wie nichtig




1. Que précaire et éphémère
    Est la vie des hommes !
    Comme un brouillard qui s’élève,
    Que bientôt le vent enlève,
    Notre vie fuit tel un rêve.

2. Que précaire et éphémère
    Est le temps des hommes !   
    Comme une vague s’écroule,
    Chassée par le vent, la houle,
    Ainsi notre vie s’écoule.

3. Que précaire et éphémère
    Est la joie des hommes !
    Comme se succèdent l’heure,
    Le jour, que rien n’en demeure,
    Toutes nos joies sont des leurres.

4. Que précaire et éphémère
    La beauté des hommes !
    Comme la fleur, la verdure,
    Disparaît dans la nature,
    Ni teint, ni beauté ne durent.

5. Que précaire et éphémère
    Est l’ardeur des hommes !
    Arbre à la puissante écorce,
    Héros, qui bombes le torse,
    Tu perdras bientôt ta force !

6. Que précaire et éphémère,
    Le bonheur des hommes !
    Comme se tourne une boule,
    Qui de tous côtés va, roule,
    Le bonheur vire et s’écoule.

7. Que précaire et éphémère,
    La gloire des hommes !
    Tel seigneur, qui vit à l’aise,
    A la noble main qu’on baise :
    Que crois-tu que sa vie pèse ?

8. Que précaire et éphémère,
    Le savoir des hommes !
    Qui sait prendre la parole,
    Manier mots, discours, symboles,
    Fait bientôt la cabriole.

9. Que précaire et éphémère,
    La pensée des hommes !
    Qui sait faire une œuvre belle,
    Ecrit des vers, des libelles,
    Lui aussi la mort l’appelle.

10. Que précaire et éphémère,
      Le trésor des hommes !
      Les biens, l’argent, la richesse,
      Tout ce qui nous intéresse
      Sombre à la fin, rien n’en reste.

11. Que précaire et éphémère,
      Le pouvoir des hommes !
      Qui exerce la puissance
      Et règne avec assurance
      Laissera toute arrogance.

12. Que précaire et éphémère
      La fierté des hommes !
      L’un est habillé de moire,
      L’autre est assis dans la gloire :
      En gardera-t-on mémoire ?

13. Que précaire et éphémère
      Est la chose humaine !
      Tout ce qui fait notre monde,
      Tout tombe en quelques secondes !
      En Dieu ton salut se fonde.       Amen. (sur la dernière note)


              Texte :            Ach wie flüchtig, ach wie nichtig 1652
                                    Michael Franck 1609-1697
                                    RA 459          texte complet, en 13 strophes
                                      Knapp 1837, texte raccourci en 10 strophes
                                      EG 528         texte raccourci, en 8 strophes
                                      traduction française, sur le texte complet RA :
                                      Yves Kéler, 27.02.2007                

              Mélodie : :       Ach wie flüchtig, ach wie nichtig 1652
                                      Michael Franck 1609-1697
                                      RA 459, EG 528


Le texte

        Il est de Michael Franck, daté de 1752. Celui-ci est né en 1609, à Schleusingen, en Thuringe, comme fils d’un commerçant. D’abord boulanger dans son village natal, il devint instituteur à l’école de la ville de Coburg. Poète doué, il fut couronné, c’est-à-dire récompensé par une couronne, le prix littéraire de l’époque. Il est connu par un autre chant : « Sei Gott getreu, halt seinen Bund », sur ce site sous le nom de :« Fidèle à Dieu toute la vie »

        « Ach wie flüchtig, ach wie nichtig », (ou „Ach wie nichtig, ach wie flüchtig“, dans la forme de Knapp 1837), est un texte de longueur variable selon l’éditeur. RA Recueil d’Alsace et de Lorraine 1952, lui donne 13 strophes. Ernest Muller, qui réalisa ce livre, est réputé pour son bon travail de recherche des sources. On peut penser qu’il donne une forme correcte du texte. Knapp 1837 ne donne que 10 strophes, qui correspondent toutes à RA. De même EG 1995 ne donne que 8 strophes, toutes correspondantes avec l’une de RA. J’ai mentionné ces variations en marge du texte original, pour qu’on situe mieux les strophes traduites.

        Le style du chant, daté de 1652, est caractéristique de la sortie de la Guerre de Trente ans, qui dura de 1618 à 1648. Après cette période de guerres horribles, de massacres et de forte mortalité, on sent la faible valeur de la vie humaine, opposée à ces valeurs physiques, financières ou morales, elles aussi passagères. Tout le chant est une variation sur ce thème. Seul le dernier vers parle de Dieu et prend le contrepied : « Wer Gott fürcht’t, wird ewig stehen – Qui craint Dieu se tiendra éternellement debout ». c’est–à-dire un vers sur 13 X 4 = 52. Le chant est typiquement un chant d’enterrement, pour la première partie du culte, ou avant ou après la prédication. Il suppose qu’on chante en contrepoint un chant d’espérance ou de proclamation de la puissance de Dieu et de la résurrection finale. Il y en avait beaucoup à l’époque.

        Chaque strophe développe un thème précis, dont la succession est logique et graduelle : d’abord la vie, le temps, la joie, la force et l’ardeur, la beauté, le bonheur, qui sont plus ou moins communs à tous les humains normalement constitués. Puis la gloire, le savoir, la pensée et la poésie, qui sont des qualités intellectuelles. Enfin les trésors et l’argent, la fierté du rang social, le pouvoir, qui caractérisent les grands. On sent une critique sociale et politique dans le texte. En revanche, les ecclésiastiques ne sont pas visés. Au total, tous les « états » de la société sont concernés, du plus humble, qui n‘a que son corps, sa beauté et son ardeur, en passant par ceux qui peuvent mettre en valeur leur intelligence, pour arriver aux grands et aux régnants. En ce sens, le chant est universel et peut être employé à n’importe quel enterrement.

La mélodie

        Elle a une structure et une forme rare : V 8.6f, 8f.8f, 6f , qu’on ne rencontre que dans ce chant, et qui ne permet aucune substitution . Cette mélodie n’a servi qu’à un autre chant, de Johann Caspar Schade 1666-1698, « O wie wichtig, Und wie richtig Ist der Christe Leben“, qui est une imitation sans grande valeur de „Ach wie flüchtig, ach wie nichtig Ist der Menschen Leben“, qui connut un certain succès au 18e Siècle.  


Texte original allemand, forme complète de RA 459

                                      Strophes de     EG 1995    Knapp 1837

1. Ach wie flüchtig, ach wie nichtig           1                  1
    Ist der Menschen Leben!
    Wie ein Nebel bald entstehet
    Und auch wieder bald vergehet,
    So ist unser Leben, sehet.

2. Ach wie flüchtig, ach wie nichtig           2                  2
    Sind der Menschen Tage!
    Wie ein Strom beginnt zu rinnen
    Und mit Laufen nicht hält innen,
    So fährt unsre Zeit von hinnen.  

3. Ach wie flüchtig, ach wie nichtig           3                  3
    Ist der Menschen Freude!
    Wie sich wechseln Stund und Zeiten,
    Licht und Dunkel, Fried und Streiten,
    So sind unsre Fröhlichkeiten.

4. Ach wie flüchtig, ach wie nichtig           4                 4
    Ist der Menschen Schöne!
    Wie ein Blümlein bald vergehet,
    Wenn ein raues Lüftlein wehet,
    So ist unsre Schöne, sehet.

5. Ach wie flüchtig, ach wie nichtig           -                  5
    Ist der Menschen Stärke!
    Der sich wie ein Loew erwiesen,
    Und gekämpft hat mit dem Riesen,
    Der liegt bald dem Tod zu Füssen.

6. Ach wie flüchtig, ach wie nichtig           5                 -
    Ist der Menschen Glücke!
    Wie sich eine Kugel drehet,
    Die bald da, bald dorten drehet,
    So ist unser Glücke, sehet.

7. Ach wie flüchtig, ach wie nichtig           -                 6
    Ist der Menschen Ehre!
    Über den, dem man hat müssen
    Heut die Hände höflich küssen,
    Geht man morgen gar mit Füssen.

8. Ach wie flüchtig, ach wie nichtig           -                 -
    Ist der Menschen Wissen!
    Der das Wort konnt prächtig führen,
    Und vernünftig diskurrieren,
    Muss bald allen Witz verlieren.

9. Ach wie flüchtig, ach wie nichtig           -                 7
    Ist der Menschen Dichten!
    Der, so Kunst hat liebgewonnen
    Und manch schönes Werk ersonnen,
    Ist doch nicht dem Tod entronnen.

10. Ach wie flüchtig, ach wie nichtig         6                 8
      Ist der Menschen Schätze!
      Es kann Glut und Flut entstehen,
      Dadurch, eh wir uns versehen,
      Alles muss zu Trümmern gehen.

11. Ach wie flüchtig, ach wie nichtig         -                 -
      Ist der Menschen Herrschen!
      Der durch Macht ist hoch gestiegen,
      Muss zuletzt aus Unvermögen
      In dem Grab erniedrigt legen.

12. Ach wie flüchtig, ach wie nichtig         7                9
      Ist der Menschen Prangen!
      Der, im Purpur hoch vermessen,
      Ist als wie ein Gott gesessen,
      Dessen wird im Tod vergessen.

13. Ach wie flüchtig, ach wie nichtig         8               10
      Ist der Menschen Sachen!
      Alles, alles, was wir sehen,
      Das muss fallen und vergehen.
     Wer Gott fürcht’t , wird ewig stehen.

 

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