ASCENSION
RETOUR DU CHRIST




         REVEILLEZ-VOUS, REVEILLEZ-VOUS
                       Révision de LP 160

       Mélodie : Verzage nicht, du Häuflein klein
                    Wenn wir in höchsten Nöten sein




1. Réveillez-vous,  réveillez-vous,
    Car voici votre Maître !
    Il est minuit, voici l’Epoux :                 ) bis
    Jésus Christ va paraître !                      )

2. Avec les siens  il vient régner
    Et délivrer l’Eglise.
    Le Seigneur veut  la couronner:           ) bis
    De la gloire promise.                            )

3. Ne crains donc pas  petit troupeau,
    Tu es l’aimé du Père !
    Que toujours la  croix de l’Agneau:     ) bis
    Soit ta seule bannière.                          )

4. Et si le monde  est contre toi,
    Son mépris fait ta gloire.
    L’amour, l’espérance et la foi:             ) bis
    Te donnent la victoire.                          )

5. Gloire à Jésus-Christ, mon Sauveur,
    C’est en lui que j’espère.
    Heureux celui qui, dans son cœur, :     ) bis
    L’adore et le révère.                             )

         Texte :          Levons-nous, frères, levons-nous
                              J.J. Hosemann 1834
                              LP 160
                              rév: Yves Kéler 1985
                                     

         Mélodie:         de LP 160 : Levons-nous, frères, levons-nous
                                                   mél 1 : LP 160 : G.F. Haendel
                                                   mél 2:  LP 161 : Recueil Reval, 
                                                                              de Tallin, Estonie

                              proposées :  Verzage nicht, du Häuflein klein
                                                   (Gustav Adolf Lied)
                                                   Michel Altenburg 1636
                                                   RA 169

                                         ou     Wenn wir in höchsten Nöten sein
                                                   Strasbourg 1545, Wittenberg 1567
                                                   RA 452, EG 366

                                         ou     Ach Gott und Herr
                                                   Leipzig 1625, 1638, Strasbourg 1851
                                                   RA 393, EG 233
                                                   Frs: O roi des cieux  qui glorieux
                                                          LP 155
                                                          Seigneur Jésus, qui es venu
                                                          NCTC 213, ARC 490, ALL 34/30

Le texte

        Il est de J.J.Hosemann, 1834, et vient du Recueil “Chants chrétiens” édité par Lutteroth en cette année. On le retrouve dans l’édition de 1864, n°31(Attente du reour du Seigneur). Le chant a passé dans « Receueil de Psaumes et Cantiques, Egl. Réformée, 1859, n°79 (Promesses faites à l’Eglise), qui dit qu’il provient des « Chants chrétiens », n° 31. Il a été repris par la refonte de « Psaumes et Cantiques de 1895, n° 54 (Retour de Jésus-Christ). Le livre luthérien de 1923, n° 113, le contient aussi (Eglise et Missions). Enfin  Louange et Prière 1938 l’a repris, n° 160 (Ascension). Le texte n’a jamais changé de 1834 à 1938/1964. Ce qui montre que ce chant a connu un emlpoi important depuis sa composition.

        Le chant de Hosemann comprend trois parties : 1° strophes 1 et 2 : l’attente du retour du Christ. 2° strophes 3 et 4 : le combat de l’Eglise, soutenue par le Christ, en attendant le retour de celui-ci. C’est pour cela que ce cantique était placé dans les chants d’Ascension ( et pas comme le fait Alléluia 2005 dans l’Avent, où il n’a que faire). 3° strophe 5 : une doxologie glorifiant le Christ.

        Les strophes 3 et 4 sont particulièrement intéressantes :

       La strophe 3 est construite sur la parole de Jésus dans Luc 12/32 : « Ne crains pas, petit troupeau, car le Père a trouvé bon devous donner le royaume. » Mais cette strophe, comme la suivante, est probablement, chez Hosemann, inspirée du cantique de Johann Fabricius (1593-1654), avec musique de Michel Altenburg, de1636: « Verzage nicht, du Häuflein klein – Ne désespère, petit troupeau », qu’on a appelé le « chant de Gustave Adolphe », roi de Suède, qui empêcha la destruction du protestantisme européen pendant la Guerre de Trente ans (1618-1648). De là aussi le double vers suivant : « Que toujours la croix de l’Agneau  Soit ta seule bannière ». Ce chant fut repris par la Prusse et devint un des chants des cultes de l’armée. On y trouve la fameuse formule : « Gott ist mit uns und wir mit Gott, Den Sieg wolln wir erlangen – Dieu est avec nous et nous avec Dieu, Nous obtiendrons la victoire ! », de laquelle est isu le « Gott mit uns » qui figura sur les boucles de ceinturon de l’armée allemande en 14-18 et 39-45. Ce chant fait partie des cantiques de l’Eglise et de la Réformation dans la tradition allemande.

      Dans la strophe 4, on discerne des fragments précis du chant de Fabricius : « Obschon die Feinde willens sind  Dich gänzlich zu vertören – Si les ennemis veulent te d étruire entièrement », se retrouve dans : « Et si le monde est contre toi ». De même la fin de la strophe : « Te donnent la victoire », rappelle « Den Sieg wolln wir erlangen – nous obtiendrons la victoire ». Mais Hosemann désigne comme moyens, non plus les armes de la guerre, mais « L’amour, l’espérance et la foi ».

        A la strophe 5, le chant s’achève par une doxologie au Christ, dite à la première personne du singulier, expression spontanée de la foi de l’auteur et du fidèle. La composition poétique de la strophe est bien enlevée, les accents de vers et de strophe tombant bien.

La révision du texte

        Elle porte essentiellement sur le début de la première strophe. Il contient le mot « frères », qui, s’il englobe évidemment les sœurs, n’est plus compris ainsi aujourd’hui. D’autre part, « levons-nous, … car voici notre Maître », à la première personne du pluriel, selon l’habitude du 19e Siècle, n’est plus senti aujourd’hui comme un ordre au même titre que « Levez-vous ». Cela m’a conduit à dire : « Réveillez-vous » , selon Matthieu 25/7, qui ne dit pas : « Levez-vous », mais « sortez à la rencontre de l’époux »

        L’autre modification porte sur l’expression : « Toi que chérit le Père », vieillie, que j’ai remplacée par « Tu es l’aimé du Père ».

La révision de Alléluia 2005

       NCTC et ARC n’ont pas repris ce chant, en revanche Alléluia 2005 l’a fait, en le mutilant de deux strophes, pour le ramener à 3.

       Ont disparu les deux belles strophes  3 : « Ne crains donc pas, petit troupeau » et 4 : « Et si le monde est contre toi ». La réaction, que j’appellerais « simpliste antimilitariste » a fait supprimer ces deux strophes. Alors que le combat de l’Eglise pour sa survie en face des aqssauts du monde est une réalité. Le texte de Hosemann n’est en rien « militariste » : il emploie le vocabulaire du combat et des armes spirituelles, comme St Paul dans « l’armure spirituelle » d’Ephésiens 3/10-18, et de la confession de foi : « La croix de l’Agneau soit ta seule bannière ». .

         Alléluia 2005 a mis la doxologie finale « en nous », à la première personne du pluriel, dépaçant la chute des accents principaux. Cette modificaion, inutile, alourdit le texte.

        La révision de Alléluia 2005 appauvrit fortement le chant et lui enlève une part importante de son intérêt.

La mélodie

        « Chants chrétiens » donne une mélodie de Haendel, qu’on retrouve dans LP 161. Cette mélodie a été reprise jusqu’au LP de 1938. Le même LP de 1938 propose une autre mélodie, provenant du Recueil Reval de Tallin, en Estonie. Cette mélodie a été reprise par Alléluia. Elle paraît meilleure pour ce chant que celle de Haendel.

        Je propose, pour varier, d’employer aussi « Wenn wir in höchsten Nöten sein“, qui s’adapte bien au texte. La plus intéressante est cette du cantique « Verzage nicht, du Häuflein klein », vive et triomphale, sans être lourde. On ne la trouve que dans les recueils allemands cités (semble-t-il du moins).