« Pasteur Yves Kéler, retraité de l'Eglise de la Confession d'Augsbourg d'Alsace
et de Lorraine (ECAAL)/Union des Eglises Protestantes d'Alsace et de Lorraine (UEPAL)
»

*1939 - † 2018

 

NOËL

       SI TU ETAIS NE CHEZ LES KASCHOUBES
          Wärst du, Kindchen, im Kaschubenlande

                         Bergengrün Werner
 

1. Si tu étais né chez les Kaschoubes,
    Ce serait, Enfant, dans mon village.
    On ne t’aurait pas couché sur l’herbe :
    Nous t’aurions bien couvert de langes.

2. Tu ne serais pas né dans l’étable,
    Près du feu serait ta douce couche ;
    Et Monsieur le pasteur*, tout affable,
    Viendrait demander que tu le touches.
                                        * ou : curé

3. Nous t’aurions fait une veste rouge
    Et un beau bonnet à grande pointe,
    Un manteau de tissu bleu kaschoube,
    Avec de la fourrure et des pattes.

4. Nous t’aurions mis une ceinture
    Et aux pieds de petites chaussures,
    Avec des clous et puis des ferrures :
    Nous t’aurions donné belle figure !

5. Nous t’aurions nourri de bon fromage,
    De pain blanc, de miel et de tartines,
    De beurre jaune d’or et de potage,
    De viande tendre à la sauce brune,

6. Cuisse d’oie, de la tripe au genièvre,
    Saucisse de foie, dorées, des crêpes,
    Et, de Putzig, un cruchon de bière,
    Enfant, avec du pâté aux cèpes !

7. Nous donnerions nos cœurs en offrande,
    Nous deviendrions tous pieux et fidèles,
    Nous ferions à genoux nos demandes,
    Nos vies deviendraient enfin modèles.

8. Si tu étais né chez les Kaschoubes,
    Il ne brûlerait plus une grange,
    Si tu étais né dans mon village,
    Il n’y aurait plus chez nous d’ivrogne !
   
   
         Texte        Wärst du, Kindchen, im Kaschubenlande
                          Bergengruen Werner
          dans        Wilhelm Cleff
                          Die schönsten Weihnachtslieder
                          Für 1,2, und 3 Gitarren
                          Mit Noten und Tabulatur
                          Voggenreiter Verlag, Bonn-Bad Godesberg 1984
                           fr.:  Yves Kéler 12.1.2912

Le texte

        Il est une étonnante évocation du monde de Noël chez les Kaschuben -Kaschoubes. Ceux-ci sont une peuplade slave résiduelle de Poméranie, composée de deux groupes, un occidental de religion catholique, un oriental de religion protestante. Ils sont environ 100.000 personnes. Leur langue est apparentée au polonais, sans être un dialecte de cette langue.

        L’auteur du texte est Werner Bergengruen, 1892-1964, né à Riga, en Lettonie. Il étudia en Allemagne le droit et l’histoire de la littérature, devint après la 1e Guerre Mondiale journaliste et écrivain libre. En 1936 il passa au catholicisme et vécut à Zurich puis après 1958 à Baden-Baden.

        La mention dans l’original, str. 2 « Der Herr Pfarrer käme selbst gelaufen, Dich und deine Mutter zu verehren – Monsieur le curé/pasteur accourrait en personne, Pour honorer toi et ta mère », pose la question : quel Herr Pfarrer ? le catholique, le curé, ou le protestant, le pasteur ? Si Bergengruen est devenu catholique, et si on admet que ceux-ci vénèrent l’enfant et sa mère, ce que ne font les protestants que pour le Christ, on peut supposer qu’il s’agirait plutôt du prêtre catholique que du pasteur. Mais il faut rester ouvert aux deux possibilités

        Le thème du Christ revenant parmi nous , en particulier l’enfant Jésus, est courant dans les contes et les poèmes allemands. Ici la particularité est de vouloir habiller l’enfant en Kaschoube, façon de l’intégrer dans la vie du village et du peuple, en même temps que dans le cœur des fidèles. Et de vouloir le nourrir des meilleures choses, jusqu’à la bière de Putzig, et à des nourritures impossibles pour un petit enfant. Mais le rêve devient une valse délirante de mets succulents, qui pourtant retombe avec les deux strophes finales à la réalité de la paroisse : devenir plus pieux, échapper à la malédiction des incendies des maison de bois, et pour finir de l’ivrognerie, une des plaies de ces peuples slaves du Nord. Ne dit-on pas « Saoul comme un Polonais ? »


Texte original

1. Wärst du, Kindchen, im Kaschubenlande,
    wärst du, Kindchen, doch bei uns geboren!
    Sieh, du hättest nicht auf Heu gelegen,
    wärst auf Daunen weich gebettet worden;

2. Nimmer wärst du im Stall gekommen,
    dicht am Ofen stünde warm dein Bettchen;
    Der Herr Pfarrer käme selbst gelaufen,
    Dich und deine Mutter zu verehren;

3. Kindchen, wie wir dich gekleidet hätten!
    Müsstest eine Schaffelmütze tragen,
    blauen Mantel von kaschubischem Tuche,
    pelzgefüttert und mit Bänderschleifen.

4. Hätten dir den eingnen Gurt gegeben,
    rote Schuhchen für die kleine Füsse,
    fest und blank mit Nägelschen beschlagen.
    Kindchen, wie wir dich gekleidet hätten!

5. Kindchen, wie wir dich gefüttert hätten!
    Früh am Morgen weisses Brot mit Honig,
    frische Butter, wunderweiches Schmorfleisch,-
    mittags Gerstengrütze, gelbe Tunke.

6. Gänsefleisch und Kuttelfleck mit Ingwer,
    fette Wurst und goldnen Eierkuchen,
    Krug um Krug das starke Bier aus Putzig! -
    Kindchen, wie wir dich gefüttert hätten!

7. Und wie wir das Herz dir schenken wollten!
    Sieh, wir wären alle fromm geworden,
    alle Knie würden sich dir beugen,
    alle Füsse Himmelswege gehen!

8. Niemals würde eine Scheune brennen,
    sonntags nie ein trunkner Schädel bluten,
    wärst du, Kindchen, im Kaschuben lande,
    wärst du, Kindchen, doch bei uns geboren!
   
   
   
   

 

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