« Pasteur Yves Kéler, retraité de l'Eglise de la Confession d'Augsbourg d'Alsace
et de Lorraine (ECAAL)/Union des Eglises Protestantes d'Alsace et de Lorraine (UEPAL)
»

*1939 - † 2018

 

EPIPHANIE
NOËL

 

                 NOUS SOMMES LES MAGES VENUS D'ORIENT to
                  Wir wollen heut singen Gott Lob und Dank

 

1. Nous sommes les mages venus d'Orient   *
    Grâce à une étoile du firmament.
    De l'Orient ? - C'est le Levant,
    D'où le soleil prend son élan.

2. Nous avons entendu, il nous fut dit,
    Que naît pour tous un enfant aujourd'hui,
    Petit enfant,  Mais Dieu puissant
    Qui fit la terre et l'océan.

3. Nous sommes passés par monts, par vaux,
    Pour voir Hérode, qu'on dit fourbe et faux !
    De son palais   Il regardait,
    De sa fenêtre il nous guettait !

4. Il s'étonna, et dit tout mielleux :
    " Il est donc né un grand roi, fils de Dieu ?
    Je ne sais rien   De ce bambin,
    Mais cherchez-le, portez-vous bien ! "

5. Nous sommes partis de Jérusalem,
    Suivant l'étoile jusquà Bethléhem.
    L'étoile alla,  Puis s'arrêta
    Droit au dessus d'un pauvre toit.

6. Nous sommes entrés dans l'étable, à trois,
    Trouvames l'enfant, Marie, Joseph, les trois.
    Là nos trésors,  L'encens et l'or
    Avons laissé, la myrrhe encor.

*  variante pour la première strophe :

    Récitant :
1. Venez louer Dieu pour ce grand moment !
    (ou :   "     "    "  ! Quel événement ! ) 
    Car voici les mages, venus d'Orient !
    De l'Orient ? - C'est le Levant,
    D'où le soleil prend son élan.

    Les Mages
2. Nous avons entendu, il nous fut dit : 
    ...

 

           Texte :         " noté en 1930, d'après une tradition
                               plus ancienne ",  selon un livre de
                               chants de Noël allemand
                               anonyme
                               frs : Yves Kéler 22/12/2005

            Mélodie :    comme le texte
                               origine non précisée

A.  Le texte et son emploi

        Ce chant semble être une balade populaire, qui suit sans autres le récit biblique, avec une pointe d'humour. Il est plus indiqué pour un jeu biblique que pour le chant de l'assemblée au cours du culte.

        Le caractère populaire se remarque à l'astronomie incertaine de la première strophe :  " De l'Orient, Du pays du soleil,  Là où le soleil était au plus haut ". A l'Orient, le soleil est au plus bas, le matin. Il est au plus haut, au sud, à midi. La rime " Gott - hat " de la 2ème strophe est caractéristique des chants du 16e-17e siècle, ou du langage dialectal ou populaire, où l'on dit " erschaffen hot ", pour " hat ", en fermant le " a " jusqu'à en faire un " o ". De même, la rime " lag - sah ", de la " 3ème strophe, a un accent dialectal, et rappelle la prononciation : " lach - sach ". La structure prosodique n'est pas régulière, et semble indiquer une poétique d'avant Opitz (1624), ce qui placerait le chants dans le 17e Siècle, ou dans une poétique populaire du 18e Siècle qui ne tient pas compte des règles de ce théoricien.

        Le chant est composé d'une strophe introductive annonçant la venue des mages, à la troisième personne. Elle commence par une invitation à louer Dieu pour cela. Les strophes 2 à 6 donnent le récit du voyage des mages, fait par ceux-ci en " nous ", à la première personne du pluriel.

        Je propose deux  possibilités :

1°  selon l'original, conserver la première strophe, pour un récitant, et laisser les suivantes aux mages. Si on emploie ce chant dans un jeu de Noël, on peut faire chanter la première strophe par un récitant soliste, ou un premier petit groupe, et faire de même pour les paroles d'Hérode à la strophe 4. : dans ce cas, les mages miment leur voyage, et Hérode son rôle.

2°  confier toutes les strophes aux mages, selon le modèle ci-dessus proposé. Les mages peuvent chanter les strophes. Ou bien, on fait chanter un groupe, avec éventuellement un soliste pour les paroles d'Hérode, pendant que les mages et Hérode miment leurs rôles.  

" le troisième mot, ou la troisième parole ? "

        L'original allemand, dont le texte se trouve plus bas, contient, à la 4ème strophe, une expression curieuse:

Herodes fragte mit Schimpf und Spott: Hérode demanda, injurieux et moqueur:        
"Ach Gott, wo ist das dritte Wort?"        "Mon Dieu, où est le troisième mot?"
Das dritte Wort ist ungenannt,             Le troisième mot n'est pas nommé,
Hier Kommen drei Weisen aus             Ici viennent trois sages de l'Orient. 
                          Morgenland.

        Qu'est-ce que ce " drittes Wort ", et comment le traduire : troisième mot, troisième parole, troisième phrase ? S'agit-il d'une référence à un apocryphe, dont on sait que ceux-ci ont joué un rôle important dans les traditions de Noël : l'âne et le bœuf de la crèche, trois mages à cause des trois présents, des rois à partir du 9e Siècle ? Ici, il y a manifestement un jeu sur le nombre trois : " troisième parole - trois mages ". Je n'ai pas traduit cette image, et suis revenu au texte biblique, et ai repris l'étonnement d'Hérode, qui est à la base de sa question dans l'original allemand. J'ai repris l'image des trois dans la strophe finale, où l'original ne l'a pas.

B.  La mélodie

        Comme le texte, son origine n'est pas signalée. Elle est très simple, et rappelle une danse en ¾.

C.  Le texte original, avec traduction littérale

        tel que la source du livre de Noël pour enfants la donne :

 

1. Wir wollen heut' singen Gott Lob und Dank,
           Nous voulons aujourd'hui chanter louange et grâces à Dieu, 
    Hier kommen die Weisen aus Morgenland.
           Ici viennent les mages de l'Orient.
    Aus Morgenland, Aus Sonnenland,
           De l'Orient, Du pays du soleil,
    Da, wo die Sonn' am höchsten stand. *
           Là où le soleil se tenait au plus haut.
    (* au lieu de " steht ": contrainte de rime avec " Land ".)

2. Wir haben's gehört, es ist uns neu,
           Nous l'avons entendu, c'est nouveau pour nous,
    Dass uns ein Kind geboren sei,
           Qu'un enfant serait né,
    Ein kleines Kind,  Ein grosser Gott,
          Un petit enfant, Un grand Dieu,
    Der Himmel und Erde geschaffen hat.
          Qui a créé le ciel et la terre.

3. Wir gingen wohl über den Berg herfür
          Nous passames bien la montagne,
    Und kamen wohl vor des Herodes Tür.
          Nous arrivames bien devant la porte d'Hérode.
    Herodes in dem Fenster lag,
          Herode était à sa fenêtre,
    Als er die Weisen kommen sah.
          Lorsqu'il vit venir les mages.

4. Herodes fragte mit Schimpf und Spott :
          Hérode demanda, injurieux et moqueur:        
    "Ach Gott, wo ist das dritte Wort?"   
          "Mon Dieu, où est le troisième mot?"
    Das dritte Wort ist ungenannt,   
          Le troisième mot n'est pas nommé,
    Hier Kommen drei Weisen aus Morgenland.  
          Ici viennent troi sages de l'Orient.
                                     

5. Wir gingen nach Bethlehem auf denHöh'n,
          Nous allames à Bethléhem, dans la montagne.
    Da blieb der Stern wohl stille stehn,
          Là l'étoile s'arrêta, tout en silence,
    Wohl stille stehn,  Wohl stille stehn,
         S'arrêta tout en silence, S'arrêta tout en silence
    Da blieb der Stern wohl stille stehn.
          Là l'étoile s'arrêta, tout en silence.

6. Da gingen wir in das Haus hinein
          Alors nous entrames dans la maison,
    Und fanden Maria und das Kindelein.
          Et trouvames Marie et le petit enfant.
    Da taten wir unsere Schätze auf
          Alors nous ouvrimes nos présents
    Und schenkten dem Kinde Gold, Weiherauch. *
          Et offrimes à l'enfant de l'or, de l'encens.*

     * on remarquera que la myrrhe n'est pas mentionnée

Quelques éléments de style

        Une figure de style se répète à chaque strophe : c'est la reprise au 3ème vers d'un mot et d'une idée du 2ème vers :

                 1.  Morgenland
                 2.  Kind
                 3.  Herodes
                 4.  Wort
                 5.  Stern
                 6.  Kind

        Une autre figure est la répétition de la musique au 3ème vers, qui est marquée de façon variable : 1° deux fois par une rime interne : à la strophe 1 : " -land ", et 5 : " stehn " ; 2° par deux membres à la strophe 2 : " ein kleines Kind, ein grosser Gott " et à la strphe 5 : " wohl stille stehn, wohl stille stehn; 3° par rien aux strophes 2, 3 et 6.

        Une dernière particularité à relever à la strophe 5 : les trois derniers vers répètent 4 fois stille stehn : s'arrêter : " da blieb der Stern wohl stille stehn - Là l'étoile s'arrêta tout en silence ", comme si on voulait insister sur ce fait. Est-ce le reste d'un mime qui voulait relever dce point ?

 

 

 

 

 

 

 

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