« Pasteur Yves Kéler, retraité de l'Eglise de la Confession d'Augsbourg d'Alsace
et de Lorraine (ECAAL)/Union des Eglises Protestantes d'Alsace et de Lorraine (UEPAL)
»

*1939 - † 2018

 
MORT
ENTERREMENT
 
 
          O HOMME, SONGE A CHAQUE INSTANT tt
                 O Mensch, bedenk zu dieser Frist

                              Johann Hess,

        Mélodie : Es ist das Heil uns kommen her
                        Nun freut euch lieben Christen gmein


1. O homme, songe à chaque instant :
    Quel est ton sort sur terre ?
    Car tu n’y restes pas vivant,
    Tu vas au cimetière !
    Ta vie est comme un peu de foin
    Que le vent froid disperse au loin,
    Comme il fait de la balle.

2. Comme un oiseau qui s’est levé
    Avec le vent qui passe,
    A terre où il était posé
    Ne laisse pas de trace,
    De même rien ne reste ici
    Des morts, dès lors qu’ils sont partis :
    Leur souvenir s’efface.

3. Tu n’es qu’un hôte, penses-y,
    Tu quitteras la place.
    Le temps ne laisse aucun répit,
    Jusqu’au jour qu’il te chasse.
    En hâte pars pour la patrie,
    Que le Seigneur t’a garantie
    Par sa mort innocente.

4. Ainsi deviennent citoyens
    Du ciel les vrais fidèles.
    Les anges les accueillent bien,
    Les prennent sous leurs ailes,
    Avec des chants et une joie
    Que nul ici-bas ne conçoit
    Ni même n’imagine.

5. Restons à toute heure éveillés,
    Gardons en nos mémoires
    Que notre monde va sombrer
    A la fin de l’histoire.
    Nous sommes juste des passants,
    Nous attendons la fin des temps.
    Christ vienne à notre aide. Amen.
   
   
         Texte        O Mensch, bedenk zu dieser Frist
                          Johann Hess, 1618
                          Chez Wackernagel,
                          Das deutsche Kirchelied, 1841, Nr 447, S. 364
                          fr. : Yves Kéler, 3.12.2013
   
   
         Mélodie    Es ist das Heil uns kommen her
                          Mayence 1390, Nuremberg 1523/24
                          RA 176, EKG 242, EG 342   
   
         Mélodie:   Nun freut euch, lieben Christen gmein,
                          Martin Luther, 1523,
                          sur le thème du Maos Zur,
                          chant juif de Hanouka ;
                          EKG 239, RA 322, EG 341   


Le texte

        Le texte est la mise en forme du classique « Memento mori – rappelle-toi de mourir », c’est-à-dire souviens-toi que tu dois un jour mourir et prépare-toi.

        L’auteur met en œuvre plusieurs images bibliques.

Strophe 1 : Ps. 103/15-16 et Esaïe 40/6b-7 : l’homme est comme une herbe qui sèche et que le vent emporte.

La strophe 2 contient l’image de l’oiseau qui s’envole au vent et ne laisse pas de trace au sol, reprenant Ps. 103/16 : « Et le lueu qu’elle occupait ne la reconnaît plus. »

Strophe 2 : « les morts sont bientôt oubliés », fait référence à Ecclésiaste 2/16 : « Car la mémoire du sage n‘est pas plus éternelle que celle de l’insensé, puisque déjà les jours qui suivent, tout est oublié. »

Strophe 3 : « tu es juste un hôte ici » cite « étrangers et voyageurs » de Hébreux 11/13.

Strophe 4 : « rechte Bürgerschaft den glaubigen – la vraie citoyenneté aux croyants » cite Ephésiens 2/19 : » Vous êtes concitoyens des saints, gens de la maison de Dieu. » La « Engel Bruderschaft – fraternité avec les anges » découle probablement de Luc 20/36 : « Ils seront comme des anges. »

Strophe 5 : « veiller » fait référence à plusieurs passages dans lesquels Jésus invite ses disciples à veiller, dont Matthieu 24/12 et parallèles.

        Chaque strophe contient une image biblique pour illustrer le thème. La strophe 2 en contient 2. Ce qui fait un total de 6 images pour 5 strophes.

        Le chant s’achève par une prière jaculatoire, formule brève employée par les mourants qui ne peuvent plus parler : « Das helf mir Christus. Amen – Que Christ m’aide. Amen. »

L’auteur

Johann Hess, ou Jan Hess ou Hesse, né le 23.9.1490 à Nuremberg, mort le 5.1.1547 à Breslau, en Silésie. Théologien luthérien, il fut le réformateur de Breslau, dans laquelle il introduisit les nouvelles idées avec prudence et lenteur, pour préserver l’unité confessionnelle, menacée par les partisans de Zwingli et de Kaspar Schwenkfeld, ce qui lui réussit. Le protestantisme de Breslau est resté modéré à travers les siècles. Grand humaniste et très cultivé, il entretint des correspondances avec beaucoup de gens, en particulier Mélanchthon et Spalatin qui comptaient parmi des amis.

        On lui attribue la composition du cantique « O Welt, ich muss dich lassen », célèbre chant d’enterrement depuis des siècles. Il a repris la mélodie et l’incipit du chant de Heinrich Isaak de 1495 « Innsbruck, ich muss dich lassen. »


La mélodie
 
        Wackernagel ne propose pas de mélodie. La coupe du chant permet d’employer « Es ist das Heil uns kommen her » ou Nun freut euch, lieben Christen gmein. »



Le texte original

Dans l’orthographe du 17e Siècle, selon Wackernagel,
Das deutsche Kirchenlied 1841, Nr 447, S. 364

1. O Mensch, bedenck zu dieser Frist,
    was dein Ruhm ist auf Erden!
    Denn nicht allhie dein bleiben ist,
    du musst zur Leiche werden.
        Es ist dein Leben wie ein Heu
    Und fleucht dahin gleichsam wie spreu,
    welche der Wind verjaget.

2. Und wie ein Vogel, der da fleucht,
    wenn er die Lufft zertreibet,
    Als uns die Schrifft gar klärlich zeigt,
    das kein Fusstapffe bleibet,
        Da spüret man auch gar kein fahr,
    sobald der Mensch begraben war,
    sein Thun wird bald vergessen.

3. Gedenck, du bist hie nur ein Gast,
    du kanst nicht länger bleiben!
    Die zeit lest dir kein Ruh noch Rast,
    biss sie dich thut vertreiben:
        So eyle zu dem Vatterland,
    dass dir Christus hat zugewandt
    durch sein Heiliges Leyden.

4. Daselbst wird rechte Bürgerschaft
    den glaubigen gegeben,
    Dazu der Engel Bruderschaft,
    ein gar herrliches Leben,
        Mit solcher Wonne, Freud und Lust
    Die auch kein Mensch hat hie gekost,
    noch nie kein Hertz erfahren.
   
5. Nun lasst uns wachen alle stund,
    und solchs gar wol betrachten!
    Die Lust der Welt geht gar zu grund’,
    die sollen wir verachten
        Und warten auff das höchste Gut,
    das uns ewig erfreuen thut!
    Das helff uns Christus. Amen!
   
   
   
   
   
   
   
   
 

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