« Pasteur Yves Kéler, retraité de l'Eglise de la Confession d'Augsbourg d'Alsace
et de Lorraine (ECAAL)/Union des Eglises Protestantes d'Alsace et de Lorraine (UEPAL)
»

*1939 - † 2018

LITT E  L’ENNEMI CRACHAIT LE FEU ET LA MORT

         LITT E  POEMES DE LA GUERRE DE 1870

   L’ENNEMI CRACHAIT LE FEU ET LA MORT
             Sie haben Tod und Verderben gespie’n

                   Die Trompette von Bionville
                Ferdinand Freiligrath (août 1870)

1. L’ennemi crachait le feu et la mort.
    Nous devions nous reprendre.
    Deux canons, l’infanterie en deux corps,
    Nous avons pu les étendre !

2. Sabre au clair, casque au vent, rênes lâchées,
    Hauts les drapeaux, basses les lances,
    Voilà comment nous les avons hachés
    Nous, cuirassiers, et les uhlans.
   
3. Charge de mort, galop foudroyant,
    Certains échappaient à nos sabres.
    A pied ou montés, de deux régiments
    Un sur deux était mort en brave.

4. Le front troué, la poitrine percée,
    Couchés là, au sol, dessus l’herbe,
    Dans la force de leur âge arrachés !
    Rassemblement ! Sonne, trompette !

5. Il prend la trompette et souffle dedans,
    Celle, au matin, qui, sonnant la charge,
    Avait mis en branle nos rangs :
    Mais elle manqua son message ;

6. Pas un vrai son, mais un cri douloureux
    Sortit strident de sa bouche :
    Une balle avait percé son tube creux !
    Pour les morts est ce son farouche !

7. Pour les braves, les fiers, la garde au Rhin,
    Tombés aujourd’hui, pour nos frères,
    Pour eux tous sortit ce son incertain,
    Par dessus cette verte terre.
   
8. Puis ce fut la nuit, nous partîmes de là,
    Des feux autour montaient les flammes.
    Les chevaux hennissaient, la pluie tomba :
    Nous songions à nos morts en nos âmes.
   
   
         Texte        Sie haben Tod und Verderben gespie’n
                         Ferdinanf Freyligrath (août 1870) 1810-1876

           dans       Auswahl Deutscher Gedichte für höhere
                          Schulen, Theodor Echtermeyer, 34. Auflage
                          1903 (1. 1836), 978 Seiten
                          Halle, Verlag des Waisenhauses, page 324
                          fr. : Yves Kéler,  8.11.2011

   
FREILIGRATH, Ferdinand, né le 17 juin 1810 à Detmold, a travaillé comme marchand à Goest, Amsterdam, Barmen et Londres, puis comme écrivain en changeant souvent de lieu ; à partir de 1851, il a vécu à Londres, à partir de 1868 à Stuttgart, où ses nombreux admirateurs lui ont procuré un repos sans souci, mourut le 18 mars 1876 à Cannstatt. 
   
   
   

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