« Pasteur Yves Kéler, retraité de l'Eglise de la Confession d'Augsbourg d'Alsace
et de Lorraine (ECAAL)/Union des Eglises Protestantes d'Alsace et de Lorraine (UEPAL)
»

*1939 - † 2018

LITT E  POEMES DE LA GUERRE DE 1870

            ENTENDEZ QUEL TONNERRE
               Habt ihr in hohen Lüften

      Deutsche Siege – Victoires allemandes
               Emanuel Geibel,  août1870

1. Entendez quel tonnerre
    Dans le ciel tout là-haut,
    A Forbach en Lorraine,
    A Wissembourg, à Woerth ?
    Là-bas les anges de gloire
    Ont poussé les armées
    Et donné la victoire :
    Nos soldats ont gagné !

2. Aux Bavarois la gloire !
    Acier bruni au temps,
    Aux griffes dures, noires,
    Lions frappants, mordants !
    Et l’aigle de la Prusse !
    Vous avez bravé la mort,
    Pris votre arme à la crosse
    Et fait tourner le sort !

3. Et vous, du pays des Katten*
    Ou des bords du Neckar,
    Des huttes de lattes
    De Thuringe, de l’Aar,
    En coins comme en colonnes
    Vous portiez de grands coups,
    Unis comme un seul homme,
    Tous pour un, jusqu’au bout.
        *  Katten, ou Chatten : tribu germanique à
            l’Est du Rhin, que Jules César combattit
            pour l’empêcher de frabchir le fleuve.

4. Vous, malgré la mort sûre,
    Partout cernés de coups,
    Sous le feu, les blessures,
    Preniez le « Rouge fort. »
    Que reste-t-il de gloire
    Aux Français tant vantés ?
    C’est la fin de l’histoire :
    L’Empire est écrasé !

5. Corps droit, sur vos montures
    Donnez de l’éperon !
    Répétez le mot d’ordre :
    « Avec Dieu nous vaincrons ! »
    Déjà le loup en hargne
    A roussi son habit.
    Passez la Meuse et la Marne :
    Devant vous, c’est Paris !

6. Malgré ses faibles membres,
    Dans le soleil du soir,
    Il veut sauter, reprendre
    Du poil et de l’espoir.
    Tu ne crains pas sa rage,
    Chef royal** des héros.
    Sonne, trompette, la marche :
    Paris, c’est pour bientôt !
         ** Guillaume, roi de Prusse,
              commandant en chef de la coalition allemande,
               futur empereur Guillaume 1er

7. Lâche et jaloux, le monde
    Voit ton œuvre accomplie,
    Mais toi, tu décides
    De combien est ton prix.
    A nos côtés nulle aide,
    Que Dieu seul, pas d’amis :
    La paix que tu concèdes,
    Allemand, tu la fis !

         Texte        Habt ihr, in hohen Lüften
                          Geibel Emanuel (août 1870) 1815-1884
   
           dans       Auswahl Deutscher Gedichte für höhere
                          Schulen, Theodor Echtermeyer, 34. Auflage
                          1903 (1. 1836), 978 Seiten
                          Halle, Verlag des Waisenhauses, page 848
                          fr. : Yves Kéler,  7.11.2011
   
GEIBEL Emanuel, né le 14octobre 1815 à Lubeck, étudia (1835-1838) à Bonn et Berlin, vécut de 1838, à 1840 à Athènes et à son retour en différents lieux : Lubeck, Eschenburg, St Goar. En 1852 appelé comme professeur de littérature allemande à Munich. En 1868 il prit sa retraite, revint habiter dans sa ville paternelle, en fut nommé citoyen d’honneur, et mourut là le 6 avril 1884. (Echtenmeyer, p.964)
   

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