« Pasteur Yves Kéler, retraité de l'Eglise de la Confession d'Augsbourg d'Alsace
et de Lorraine (ECAAL)/Union des Eglises Protestantes d'Alsace et de Lorraine (UEPAL)
»

*1939 - † 2018


 
POEMES DE LA GUERRE DE 1870

A CHARLOTTENBURG, L’AIR GRAVE
          In Charlottenburg im Garten

                    Le 19 juillet 1870,
       date de la déclaration de guerre
            de la France à la Prusse                  
                      G. Hesekiel


1. A Charlottenburg, l’air grave,
    Dans le sombre bois de pin,
    Arrive le vieux roi de Prusse.
    Tête baissée, seul, il vient.

2. Il se tient dans la chapelle,
    L’âme lourde de douleur.
    Ses parents ici reposent,
    A leurs pieds se trouve un cœur.

3. Sur le monument du père
    S’appuie Guillaume, le roi ;
    Son œil voit Louise, sa mère,
    Gisant d’un marbre blanc de choix.

4. Il dit, lèvres entrouvertes,
    « Ce jour, soixante ans déjà, (1810)
    Que j’ai vu ma mère morte,
    Au visage si charmant.
   
5. Déjà tant d’années, soixante !
    Que son fort cœur allemand
    A souffert les lourdes affres
    D’ennemis durs et méchants.

6. Tu as dû subir la honte,
    Toi mon père, courageux.
    A nouveau, c’est de la France
    Que nous vient ce nouveau feu !

7. De nouveau un Bonaparte
    Sur le trône des Français,
    Un Napoléon, convoite
    Notre terre et se tient prêt.

8. C’est une nouvelle guerre
    Contre un ennemi ancien ;
    Qu’elle soit sous l’ancien signe,
    Croix de fer des rois prussiens !

9. Vieille croix des délivrances,
    Brille sur ce saint combat !
    Que l’ancien Dieu, sur son trône,
    Fasse vaincre le vieux roi !

10. Bénis-moi, ma douce mère,
      Père, vois ton fils ici !
      Que ton cœur, mon pauvre frère,
      A leurs pieds, me garde aussi ! »
   
11. Un vent passe dans la halle
      Et le roi lève la main.
      Les versets dorés scintillent :
      La victoire est pour demain.

12. A Charlottenburg, l’air grave,
      Sort du sombre bois de pin
      Un roi, droit, puissant et digne,
      Au soleil frais du matin.

      * date de la déclaration de guerre
         de la France à la Prusse


         Texte        In Charlottenburg im Garten
                          Le 19 juillet 1870*
                          G.Hesekiel
              dans    Deutsches Lesebuch für Mittelschulen
                          und ähnlichen Anstalten (katholisch)
                          von N. Gottesleben II
                          Strassburg, Druckerei und Verlagsanstalt,
                          Strassburg 1904, Seite 394, Nr 317
                          fr. : Yves Kéler 6.11.2013 Bischwiller
                         


Le texte

        Ce poème évoque la démarche de Guillaume de Prusse, le futur empereur Guillaume 1er, de se rendre sur la tombe de ses parents et de son frère, le jour de la déclaration de la guerre de 1870 par les Français.


Biographie de l’empereur Guillaume 1er

Extraits de Wikipedia :

Généalogie

        Guillaume Frédéric Louis de Hohenzollern, roi de Prusse sous le nom de Wilhelm-Friedrich (1861-1888), puis 1er empereur allemand (1871-1888) sous le nom de Guillaume Ier (en allemand : Wilhelm I. ou Wilhelm Friedrich Ludwig von Preußen), né le 22 mars 1797 et mort le 9 mars 1888 à Berlin, fut le cinquième roi de Prusse de 1861 à 1888, et le premier empereur allemand de 1871 à 1888.

        Il est le fils cadet de Frédéric-Guillaume III, roi de Prusse, et de Louise de Mecklembourg-Strelitz, l'héroïque reine, symbole de la résistance à l'envahisseur français et morte prématurément en 1810 alors que Guillaume n'avait que treize ans. Il épouse le 11 juin 1829 Marie-Louise-Auguste-Catherine de Saxe-Weimar-Eisenach (1811-1890), fille cadette du grand-duc Frédéric-Charles de Saxe-Weimar-Eisenach (1783-1853), et de Maria Pavlovna de Russie (1786-1859)
De cette union sont issus :
Frédéric III (1831-1888), roi de Prusse et 2e empereur allemand (1888), qui  épouse en 1858 Victoria du Royaume-Uni (1840-1901) ;
Louise de Prusse (1838-1923), mariée en 1856 avec Frédéric Ier, grand-duc de Bade (1826-1907). Leur fils sera Guillaume II, 3e empereur allemand, destitué en 1918.
Education et activités
        Comme le veut la tradition princière de la Maison de Hohenzollern, notamment dans un état comme la Prusse réputée pour son armée, le prince Guillaume est destiné à une carrière militaire. Fortement marqué par la défaite de Iéna en 1806, il prend part dès son adolescence aux campagnes contre Napoléon Ier en 1814 et en 1815. La Prusse fait partie des vainqueurs et, au Congrès de Vienne, augmente considérablement son territoire.
        En 1840, à l'avènement de son frère Frédéric-Guillaume IV, Guillaume est nommé gouverneur de Poméranie. Il reçoit le commandement de plusieurs régiments en Prusse et à l'étranger.
        Fier de son sang et ouvertement conservateur, il est le plus fort soutien de la répression par les armes du mouvement révolutionnaire de 1848. Il est la cible des libéraux qui le surnomment le « Prince la mitraille. » Son palais est incendié le 20 mars et le 23 mars, il s'exile quelque temps en Angleterre, tandis que son épouse et ses enfants restent à Potsdam. L'année suivante, il écrase les révolutionnaires du Grand-duché de Bade.
        Cependant, Frédéric-Guillaume IV, son frère aîné, étant atteint d'une maladie mentale et n'ayant pas d'enfant de son mariage avec la princesse Élisabeth de Bavière, Guillaume assure la régence à partir de 1858. Frédéric-Guillaume IV meurt le 2 janvier 1861 sans avoir recouvré la santé ; Guillaume lui succède, il a 63 ans.
         Il appelle au pouvoir l'ultra-conservateur Otto von Bismarck, dont il craignait jusqu'alors les idées d'alliance avec la France et le caractère trop affirmé. Dès lors son gouvernement évolue vers l'absolutisme. Bismarck, ministre-président de Prusse en 1862, veut résoudre les problèmes politiques par le fer et le sang. Il compte diriger la politique étrangère de la Prusse au service exclusif de la raison d'État prussienne. Pour cela, Bismarck va s'employer à dominer par tout moyen le roi : en l'isolant de sa famille - notamment du Kronprinz - et de ses autres conseillers, en corrompant la presse, en lui faisant des scènes, du chantage à la démission, etc. Le chancelier sera servi par ses succès.

         En 1870, l'empereur des Français tombe dans le piège bismarckien. La Dépêche d'Ems est le prétexte qui pousse Napoléon III à déclarer la guerre à la Prusse. Celle-ci en appelle à ses "alliés" du sud de l'Allemagne, Bade, Wurtemberg et Bavière tandis que la France est isolée. La défaite de la France est totale. Le pays est amputé de l'Alsace-Lorraine. Occupé, il doit payer une énorme indemnité.    (Fin de la citation de Wikipedia)


L’auteur du poème, George Hesekiel

        Le poème est de George Hesekiel, romancier et biographe de Bismarck (Das Buch vom Grafen Bismarck, Welhagen-Klasing 1869) (Johann George Ludwig Hesekiel (* 12. August 1819 in Halle (Saale); † 26. Februar 1874 in Berlin) war ein deutscher Journalist und Schriftsteller. (Wikipedia).

        Il décrit le roi devant les tombes de son père, dépossédé par Alexandre Ier de Russie des provinces orientales du Royaume de Prusse, dont la Silésie chèrement acquise par son grand-père Frédéric II au prix de longues guerres. La reine Louise était une personne adulée par les Prussiens. Très belle et très bonne, elle secondait admirablement son mari, un homme hésitant et un peu falot. A la bataille d’Austerlitz en 1805, elle traversa en voiture découverte le champ de bataille dans les lignes prussiennes, pour encourager ses soldats. Napoléon l’appréciait, mais malgré les tentatives de Louise pour que Napoléon aide la Prusse à conserver ses territoires, ce dernier accorda ceux-ci à Alexandre Ier. De là une haine féroce des Prussiens et de la famille royale contre Napoléon, l’Ogre, et contre la France. La Prusse reconstituera son armée et se joindra aux alliés pour abattre Napoléon. Le jeune Guillaume, à l’âge de 16 ans, assistera à la bataille de Leipzig en octobre 1813.


Frédéric Guillaume IV, roi de Prusse de 1840 à 1861, prédécesseur de Guillaume 1er

        Le poème fait aussi allusion à Frédéric-Guillaume IV.

(Extraits de Wikipedia)
Frédéric-Guillaume IV de Prusse (15 octobre 1795 à Berlin - 2 janvier 1861 au Palais de Sanssouci), roi de Prusse de 1840 à sa mort. Il est le fils aîné et successeur de Frédéric-Guillaume III et de Louise de Mecklembourg-Strelitz, et le frère aîné de Guillaume, le futuer roi de Prusse et empereur allemand.
        Frédéric-Guillaume, que l'on surnommait « le romantique sur le trône » ou encore le « Roi romantique », était passionné par le romantisme et son goût du Moyen Âge. Il fait partager cette passion à ses frères et à ses cousins, propriétaires de plusieurs domaines et châteaux au bord du Rhin, pour leur faire faire des aménagements et des modifications dans un style néo-gothique romantique très découpé.
Il épouse Élisabeth de Bavière en 1823, mais le couple n'a pas d'enfant. En 1858, une congestion cérébrale laisse le roi partiellement paralysé et largement incapable mentalement. Comme il est sans postérité, c'est son frère cadet Guillaume qui assume la régence à partir de 1858, avant de lui succéder sous le nom de Guillaume Ier de Prusse lorsque Frédéric-Guillaume meurt à 65 ans en 1861. Il est enterré dans la crypte de la Friedenskirche (Potsdam) (église de la paix.) (Fin de citation de Wikipedia).

Le Mausolée de Charlottenburg

        Le poème situe l’action dans le mausolée du palais de Charlottenburg.

(Extraits de Wikipedia)
La reine Louise était attachée au domaine de Charlottenburg. À sa mort, son époux, Frédéric-Guillaume III, inconsolable, décide d'y bâtir un mausolée. Le petit temple dorique d'origine, construit en 1810 d'après un projet de Schinkel par Heinrich Gentz, a été plusieurs fois agrandi pour accueillir d'autres membres de la famille Hohenzollern. À l'intérieur, le tombeau de la reine Louise en marbre de Carrare, réalisé en 1810 également, a rendu son auteur, Christian Daniel Rauch (1777-1857), immédiatement célèbre. Le Mausolée abrite aussi les tombeaux de Frédéric-Guillaume III, de l'empereur Guillaume Ier et de la reine Augusta. (Fin de citation de Wikipedia).


Ce mausolée devint très vite un lieu de pèlerinage à la dépouille de la reine Louise. En 1841, son mari la rejoignit. Le lieu fut augmenté d’une abside pour loger les deux tombeaux. D’après le poème de Hesekiel, le cœur de Frédéric-Guillaume IV, fils aîné de Louise, reposerait aussi dans ce mausolée, alors que son corps est à la Friedenskirche, dans le parc des châteaux de  Potsdam.

        Hesekiel écrit : «  Blicke segnend, Mutterauge – Bénis-moi du regard, œil de ma mère. » Or le célèbre gisant sculpté par Rauch a les yeux fermés. Y aurait-il un buste aux yeux ouverts dans le même lieu, ou bien est-ce une image poétique sans rapport avec la réalité du gisant ? J’avais d’abord traduit, selon Hesekiel : « Bénis-moi, œil de ma mère », mais je préfère mettre « Bénis-moi, ma douce mère », pour exprimer la tendresse de Louise qui s’occupait avec amour de ses enfants.

        Hesekiel appelle le mausolée « Kapelle – chapelle. » Il s’agit d’une copie de temple grec dorique, construite dans le parc. Le palais lui-même comprend une « Schlosskapelle – chapelle du château »

La croix de fer – das eiserne Kreuz

        G.Hesekiel fait dire à Guillaume de Prusse qu’il se placera sous l’ancien signe de la croix, « de la croix de fer. » C’est une allusion double.

        D’abord une référence à Constantin, futur empereur, qui avant la bataille du pont Milvius sur le Tibre au Nord de Rome en 312, aurait eu, d’après l’historien de l’Eglise Eusèbe de Césarée, une vision. Dans celle-ci un chrisme lumineux, fait des lettres X = Chi et P = Rho, les deux premières du nom du Christ en grec « XPISTOS » (pas une croix, comme on le dit souvent), serait apparu dans le ciel. Il aurait aussi entendu une parole en grec « En toutô nika – En cela sois vainqueur », laquelle fut traduite en latin par « In hoc signo vinques – Dans ce signe tu vaincras. »

        La deuxième allusion est celle de la Croix de fer instituée par son père Frédéric-Guillaume III le 10 mars 1813, au début de la 6e coalition contre Napoléon, pendant les guerres dites « de libération allemande. » Cette décoration fut donnée pour acte de bravoure à tout soldat ou gradé, ce qui la rendit tout de suite très populaire. Elle ne fut donnée que durant les périodes de guerre. Donc, elle disparaîtra après 1815, avec l’arrêt des guerres napoléoniennes, et ne sera reprise qu’en 1870-1871 (et plus tard en 1914-1918, puis 1939-1944.) Son modèle, dont Schinkel s’est inspiré, est la vieille croix des Teutoniques. Cette dernière avait la forme latine, Schinkel a donné à sa croix la forme grecque à branches égales.

        L’allusion à Constantin veut montrer que la guerre à venir sera « sainte », c’est-à-dire placée sous le signe du Christ et sous la protection de Dieu. Le terme « Heilig Krieg – guerre sainte » est employé à la strophe 9. On retrouve aussi l’allusion à « Ein feste Burg ist unser Gott – C’est un rempart que notre Dieu » de Luther, et à quelques autres chants militaires et chrétiens tels que « Verzage nicht, du Häuflein klein – Ne t’effraie pas, petit troupeau », dans lequel apparaît la célèbre phrase « Gott ist mit uns und wir mit Gott – Dieu est avec nous et nous avec Dieu », qui est une devise de l’empire remontant au Moyen-Age, mais qui joua un rôle déterminant dans les guerres allemande de 1870 à 1945, sous la forme du "Gott mit uns" sur les boucles des ceinturons allemands.

        L’allusion à la croix de fer veut rappeler la bravoure prussienne contre Napoléon Ier, dont il faudra à nouveau faire preuve contre Napoléon III, mais aussi la vieille résistance germanique contre les forces latines du Sud

Les deux Napoléon

        Un nouveau Napoléon remplace l’ancien sur le trône, et reprend les velléités guerrières du premier, son oncle. « C’est une nouvelle guerre contre un ennemi ancien », fait dire Hesekiel au roi. Dans les chants des guerres de libération de 1813-14, l’affirmation est forte que le Rhin est la frontière entre a France et l’Allemagne. Les allemands doivent le défendre contre tout retour des français. Le chant « Die Wacht am Rhein » composé en 1840 par Schneckenburger, fut considéré officieusement comme le chant national allemand, et chanté jusqu’en 1922, date à laquelle il fut officiellement remplacé par le « Deutschland über alles » de Hoffmann von Fallersleben.

Der alte Gott – l’ancien Dieu

        Cette appellation de Dieu est employée à la strophe 9. Elle vise une façon allemande de parler, en cas de catastrophe ou de guerre : « Der alte Gott lebet noch – L’ancien Dieu vit toujours », pour dire que le Dieu qui nous a sauvés anciennement est le même aujourd’hui  et qu’il sauvera de la même façon. L’expression apparaît dans des cantiques, en particulier dans celui de Ernst Moritz Arndt, le chantre protestant des guerres de libération, sous le titre « Was willst du dich betrüben? Der alte Gott lebt noch – Pourquoi t’attristes-tu, L’ancien Dieu vit toujours » qui se chante sur la mélodie de « Befiehl du deine Wege – Confie à Dieu ta route » du cantique de Paul Gerhardt, universellement connue en Allemagne. (voir texte à la fin)
 
        Hesekiel fait un jeu de mots entre le « vieux Dieu » dans le ciel, qui donnera la victoire, et le « vieux roi » de Prusse sur terre. Guillaume de Prusse était âgé de 73 ans en 1870, et aura 74 ans en 1871, année de son élévation au titre d’empereur allemand. Il mourra en 1887, à l’âge de 90 ans.

Conclusion

        Le texte de Hesekiel rassemble un nombre important d’éléments historiques et de symboles allemands. Cela donne une réelle envolée à ce poème en même temps qu’un intérêt documentaire important.


Texte original


1. Zu Charlottenburg im Garten,
    In den düstern Fichtenhain,
    Tritt, gesenkt das Haupt, das greise,
    Unser teurer König ein.

2. Und er steht in der Kapelle,
    Seine Seele ist voll Schmerz;
    Drin zu seiner Eltern Füssen
    Liegt des frommen Bruders Herz.

3. An des Vaters Sarkophage
    Lehnet König Wilhelm mild,
    Und sein feuchtes Auge ruhet
    Auf der Mutter Marmorbild.

4.  « Heute war’s vor sechzig Jahren, »
    Leise seine Lippe spricht,
    « Als ich sah zum letzten Male
    Meiner Mutter Angesicht!

5. Heute war’s vor sechzig Jahren,
    Als ihr deutsches Herze brach
    Um den Hohn des bösen Feindes,
    Um des Vaterlandes Schmach!

6. Jene Schmach hast du gerochen
    Längst, mein Vater, du,
    Aber Frankreich wirft aufs neue
    Heute uns den Handschuh zu!

7. Wieder sitzt ein Bonaparte
    Ränkevoll auf Frankreichs Thron,
    Und zum Kampfe zwingt uns heute
    Wieder ein Napoleon!

8. Tret’ ich denn zum neuen Kampfe
    Wider alle Feinde ein,
    Dann soll’s mit dem alten Zeichen,
    Mit dem kreuz von Eisen sein!

9. Der Erlösung heilig Zeichen
    Leuchte vor im heil’gen Krieg,
    Und der alte Gott im Himmel
    Schenk’ dem alten König Sieg!

10. Blicke segnend, Mutterauge!
      Vater, sieh, dein Sohn ist hier.
      Und auch du, verklärter Bruder,
      Heure ist dein Herz bei mir. »

11. Leise weht es durch die Halle -
      König Wilhelm hebt die Hand,
      All die goldnen Sprüche funkeln
      Sieg verheissend von der Wand..

12. Zu Charlottenburg im Garten,
      Aus dem düstern Fichtenhain
      Tritt der König hoch und mächtig,
      Um sein Antlitz Sonnenschein.
     
dans    Deutsches Lesebuch für Mittelschulen
                          und ähnlichen Anstalten (katholisch)
                          von N. Gottesleben II
                          Strassburg, Druckerei und Verlagsanstalt,
                          Strassburg 1904, Seite 394, Nr 317
   


WAS WILLST DU DICH BETRÜBEN

Ernst Moritz Arndt

Was willst du dich betrüben?
Der alte Gott lebt noch,
Nicht hüben und nicht drüben,
Nicht ferne und nicht hoch!
Sein Sein ist allenthalben,
Sein Lieben klingt durchs All
In höchster Engel Psalmen,
In kleinster Vöglein Schall.

Er weiß um deine Schmerzen,
Er weiß um deine Lust,
Und willst du ihn von Herzen,
Gleich hat ihn deine Brust,
Gleich fällt wie Frühlingsregen
Bei warmem Sonnenschein
Sein süßer Gnadensegen
Dir voll ins Herz hinein.

Auf! wirf dein schlechtes Grämen,
Dein eitles Sorgen weg!
Verscheuche alle Schemen,
Die irren deinen Weg!
Du sollst im Lichte schreiten,
Und der dich frei gemacht,
Das große Licht der Zeiten,
Schloß ewig deine Nacht.

Mag alles sinken, wanken,
Dies Eine bleibet fest,
Gedanke der Gedanken,
Der nimmer sinken läßt:
Das große Licht der Zeiten,
Dein Heiland Jesus Christ,
Wird Strahlen um dich spreiten
Wo alles finster ist.

Dies wage fest zu fassen,
Dies halte treu und fest:
Den schwöre nie zu lassen,
Der nimmer dich verläßt:
Der dich mit seinem Blute
Erlöst aus Nacht und Wahn
Will, daß mit gellem Mute
Du wandelst deine Bahn.

 

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