« Pasteur Yves Kéler, retraité de l'Eglise de la Confession d'Augsbourg d'Alsace
et de Lorraine (ECAAL)/Union des Eglises Protestantes d'Alsace et de Lorraine (UEPAL)
»

*1939 - † 2018



GUERES DE LIBERATION 1813-14

 

           TOUJOURS AVANCER LENTEMENT, TRES LENTEMENT I
                 Immer langsam voran, immer langsam voran

                                             Texte 1

 

Refrain : Toujours avancer lentement, très lentement,
Que les vieux de Krähwinkel suivent doucement !

2. Si notre ennemi nous avait vus si costauds,
Il s’en serait allé au diable bien plus tôt !
Les marches d’ailleurs ne prennent jamais de fin :
Aux cartes le capitaine ne connaît rien !

3. Maintenant nous entrons justement dans Paris :
Là-bas, les gars, fumer n’est pas interdit.
Cinquante lieues déjà que nous avons marché,
Et déjà trente mille hommes ont crevé !

4. Toujours avancer lentement, très lentement,
Que les vieux de Krähwinkel suivent doucement !
Mon capitaine, le gars qui suit dans mon dos
Marche sur mes talons et m’arrache les os.

5. Quelqu’un a-t-il vu notre porte-drapeau ?
On ne saura plus d’où vient le vent, bientôt !
Notre porte-drapeau est là-bas sur le pont :
Quand ça pète, il recule vite vers le front !

6. Notre drapeau, c’est juste un mètre de taffetas
Ça se remplace assez vite, n’est-ce pas ?
Tambour, ne malmène pas trop ton instrument,
Sa peau de veau ne résistera pas longtemps !

7. Toujours avancer lentement, très lentement,
Que les vieux de Krähwinkel suivent doucement !
Les gars, si le paquetage se fait pesant,
A la volée jetez vos fusils dans les champs !

8. Notre capitaine est vraiment un bon gars :
Dommage, l’odeur de la poudre, il n’aime pas ;
Notre général a le plus grand courage :
Quand ça tire, il se cache derrière les bagages !
8a : Notre capitaine est un brave homme, un gers bien,
Mais la mitraille, il ne supporte que de moin.
Et le lieutenant, il nous vient de Dinckelsbül :
Il a bien du courage, mais pas quand ça brûl’.

9. Toujours avancer lentement, très lentement,
Que les vieux de Krähwinkel suivent doucement !
Au Katzbach nous n’avons perdu aucun soldat,
Car nous sommes arrivés après le combat.

10. Près de Lutzen, une bombe a explosé :
Tonnerre, vite de là nous avons filé.
Parce que si un tel engin vous atteint,
Pour vous même Dieu dans son ciel ne peut rien !

11. Alors je loue le gros klöss bavarois,
Ce truc-là n’éclate pas si vite, ma foi !
Près de Leipzig, à la bataille des nations,
Nous avons failli faire un prisonnier, ’ttention !

Refrain : Toujours avancer lentement, très lentement,
Que les vieux de Krähwinel suivent doucement !

12. Dans la forteresse c’était vraiment très beau :
On pouvait voir en paix l’ennemi par les trous !
Et si jamais un ennemi s’infiltrait,
A l’aide on pouvait toujours appeler le guet.

13. Ah ! en France, comment va-t-on se débrouiller ?
L’allemand là-bas, qui crois-tu sait le parler ?
Taillez-vous, camarades, taillez-vous, vit’ fait :
Là-bas je vois l’enseigne d’un bistrot français !

14. Les français tirent dans tous les sens, n’importe où,
Sans penser qu’il y a peut-être des gens, nous !
Passe-moi, mon brave, la bonbonne de schnapps :
A la guerre on a soif, toujours très soif !

Refrain : Toujours avancer lentement, très lentement,
Que les vieux de Krähwinel suivent doucement !

15. Jusqu’en Espagne nous irons tous à la fin :
Là-bas le schnapps est amer, il sent le chagrin.
D’Espagne en Afrique chez les Marocains
Qui vous coupent les oreilles en un tournemain.

16. Nous ne portons pas de sabre sur le côté,
C’est très dangereux pour des gens si excités.
Maintenant, cuisez boulettes, bouillie de millet,
Quand arrivent les vieux ils ont faim, vous pensez !

R. Toujours avancer gaiement, avancer très gaiementt,
Qu’on morde enfin dans les Knödel vaillament !


Texte

Nur immer langsam voran, nur immer langsam voran,
dasss der Krähwinkler Landstrum auch nachkommen kann!
Chant militaire parodique, de l’année 1814, anonyme


Forme en 20 strophes,
dans Liederbuch für den Wingolf, Darmstadt 1897


Forme en 18 strophes,
dans Allgemeines Deutsches Kommersbuch (1858) –
Deutscher Sang (1903) --Gesellenfreud (1913) --

Text und Musik: Verfasser anonym , seit 1813 (?)
andere Variante der ersten beiden Zeilen:
" Nur immer langsam voran, immer langsam voran /
daß der Krähwinkler Landsturm nachkommen kann "
- Ähnlich wie: Immer langsam voran

fr. : Yves Kéler 11.4.2014 Bischwiller


Texte 1

Le texte du Wingolf de 1897 et du Allgemeines Deutsches Kommerzbuch de 1858

Il s’agit d’un chant parodique, se moquant des soldats du Landsturm, réserve constituée de vieux soldats ou de réservistes, lesquels, ayant survécu à toutes les campagnes, n’ont guère envie de se faire tuer. Ils traînent donc nettement les pieds.. Ils viennent de « Krähwinckel », nom imaginaire symbole de la petite ville tranquille et sans histoire. Le nom de « Kräh –winkel » semble composé de « Kräh – cri du corbeau ou de la poule », et de « Winkel – coin », qui désigne un « trou à poules », d’où un « trou de province. » Le mot fait partie de la langue allemande courante. Une de ces petites villes est citée par son nom : « Dinckelsbühl », dans la version (Cette ville est restée intacte pendant la seconde guerre mondiale. Ne présentant aucun intérêt stratégique, elle n’a pas été bombardée, et en avril-mai 1945, les combats ne l’ont pas atteinte, car elle faisait partie du corridor Nord-Sud, l’actuelle « Romantische Strasse », où la guerre avait cessé le 8 mai.)

La date du chant est assez facile à situer. Nous sommes dans les guerres napoléoniennes. La bataille de Leipzig est signalée, les 16-19 octobre 1813, et l’entrée à Paris, le 30 mars 1814. C’est donc la guerre de libération allemande de 1813 et la campagne de France de 1814. Le contingent est bavarois : les Bavarois sont cités plusieurs fois, et des expressions bavaroises sont dans le texte : « Fähnerl – petit drapeau », avec la finale dialectale bavaroise en « –erl », au lieu de « el » habituel pour le diminutif. De même le « Kloss – la boulette », fait de pommes de terre râpées et de farine, ou de pain, ainsi que le « Knödel » bavarois, qui désigne aussi une boulette du même genre un peu plus petite d’ordinaire, sont vantés et demandés à la fin du chant. Comme le Kloss est assez gros, de la taille d’une orange, il est comparé à une grenade, avec cet avantage qu’il n’explose pas. D’après ces différents indices, on peut dater le chant de 1814, et supposer que son auteur serait bavarois.

Un nom est écrit à la française dans le Wingolf : « Lieutenant », à la strophe 4, ce qui rappelle que le grade militaire allemand a été pris du français « lieu – tenant », c’est-à-dire remplaçant d’un officier, (employé jusqu’au général, dans le grade de « General-Leutnant ») Entre temps, le mot a été germanisé en « Leutnant. »

Les strophes parlant de l’Espagne et de l’Afrique du Nord sont elles d’une autre origine ?
Car l’édition du Wingolff de 1897 ne les donne pas. A l’entrée des coalisés à Paris le 30 mars 1814, Napoléon avait quitté l’Espagne depuis le 12 mars, et les combats entre français et hispano-anglais se déroulaient à Tarbes (28 mars), puis à Toulouse (10 avril). A moins que l’auteur ne l’ait pas su ? Curieux. Et pourquoi l’allusion aux Maures du Maroc ? Personne n’imaginait alors aller en Afrique. Il s’agit peur-être d’une plaisanterie : venus de Bavière et au point où nous en sommes, il n’y pas de raison qu’on s’arrête !

La traduction française

      J’ai réparti les strophes allemandes en regroupant deux strophes dans une française, et en intercalant le refrain, présent dans toutes les strophes allemandes, à chaque 3e ou 4e strophe, pour éviter la lourdeur de la continuelle répétition. Il est probable que si on chant le texte, cett répétition est moins gênante.

      Dans ma traduction, j’ai ajouté au texte du Wingolf les strophes du Allgemeines Kommerzbuch de 1858, les 13b et 14, sur l’Espagne et le Maroc. J’ai ajouté aussi deux phrases sur le lieutenant et le capitaine, qui forment la strophe 8a, qui sont une variante de la strophe 8, qui parle du capitaine et du général.. J’ai mis ces additions en italique.

Texte original du Kommerzbuch 1858 et du Wingolf 1897

1. Immer langsam voran, Immer langsam voran
dass die Krähwinkler Landwehr nachkommen kann.
Das Marschier´n, das nimmt auch gar kein End´
das macht, weil der Hauptmann die Landkart´ nicht kennt

Immer langsam voran, immer langsam voran
dass die Krähwinkler Landwehr nachkommen kann.
Herr Hauptmann, mein Hintermann geht so im Trab,
er tritt mir beinah die Hacken ab.

Immer langsam voran, immer langsam voran
dass die Krähwinkler Landwehr nachkommen kann.
Hat denn keener den Fähnrich mit Fahne gesehn?
Man weess ja gar nicht, wie der Wind thut wehn.

Nur immer langsam voran, immer langsam voran
dass die Krähwinkler Landwehr nachkommen kann.
Kleener Tambour, strapazier doch die Trommel nicht so sehr!
Allweil sind die Kalbfell so wohlfeil nicht mehr.

5. Nur immer langsam voran, immer langsam voran
dass die Krähwinkler Landwehr nachkommen kann.
Unser Hauptmann ist ´n gar braver Mann,
nur schad, dass er das Pulver nicht vertragen kann.

3. Unser Hauptmann der ein kreuzbraver Mann,
Nur schade, dass er’s schiessen nicht veertragen kann.

6. Nur immer langsam voran, immer langsam voran
dass die Krähwinkler Landwehr nachkommen kann.
Der Herr General hat doch die meiste Courage,
wenn's schiesst, versteckt er sich hinter die Bagage.

4. Unser Lieutenant, der ist von Dinkelsbühl,
Courage hat er wohl, aber nich sehr viel.

Nur immer langsam voran, immer langsam voran
dass die Krähwinkler Landwehr nachkommen kann.
Bei Lützen, da ist 'ne Bombe geplatzt,
potz Wetter, wie sind wir da ausgekratzt.

8. Nur immer langsam voran, immer langsam voran
dass die Krähwinkler Landwehr nachkommen kann.
Denn wenn so´n Beest am End' eenen trifft,
hilft eenen der ganze Feldzug nischt.

Nur immer langsam voran, immer langsam voran
dass die Krähwinkler Landwehr nachkommen kann.
Da lob' ich mir so 'nen bayrischen Kloss,
so 'n Ding geht doch so leicht nicht los.
10. Nur immer langsam voran, immer langsam voran
dass die Krähwinkler Landwehr nachkommen kann.
An der Katzbach verloren wir kein'n einzigen Mann,
das macht, wir kamen nach der Schlacht erst an.

Nur immer langsam voran, immer langsam voran
dass die Krähwinkler Landwehr nachkommen kann.
Bei Leipzig, in der grossen Völkerschlacht,
hätt'n wir beinah' einen Gefang'nen gemacht.

Nur immer langsam voran, immer langsam voran
dass die Krähwinkler Landwehr nachkommen kann.
In der Festung, da war's doch gar zu schön,
dort konnt' man den Feind durch die Gucklöcher sehn.

Nur immer langsam voran, immer langsam voran
dass die Krähwinkler Landwehr nachkommen kann.
Nun marschieren wir gerade nach Paris hinein,
dort, Kinder, soll das Rauchen nicht verboten sein.

Nur immer langsam voran, immer langsam voran
dass die Krähwinkler Landwehr nachkommen kann.
Ach Gott, wie wird's uns in Frankreich ergehn!
Dort soll ja kein Mensch das Deutsche verstehn.

15. Nur immer langsam voran, immer langsam voran
dass die Krähwinkler Landwehr nachkommen kann.
Die Franzosen schiessen so in das Blaue hinein;
sie bedenken nicht dass da könnten Menschen sein!

Nur immer langsam voran, immer langsam voran
dass die Krähwinkler Landwehr nachkommen kann.
Am Ende gehn wir noch nach Spanien hinein,
da soll der Schnaps ganz bitter sein.

Nur immer langsam voran, immer langsam voran
dass die Krähwinkler Landwehr nachkommen kann.
Reisst aus, Kameraden, reisst alle, alle aus,
dort steht ein französisches Schilderhaus.

18. Nur immer langsam voran, immer langsam voran
dass die Krähwinkler Landwehr nachkommen kann.
Jetzt, Bauern, kocht's Knödel und Hirsebrei;
wenn die Landwehr kommt, wird sie hungrig sei'.
Nur immer lustig voran, immer lustig voran!
dass mer brav in die Knödel einhauen kann

Texte 2

Le texte : « Napoleon schickt Soldaten her »

Il existe un autre chant, qui a pour refrain le « Nur immer langsam voran » du chant précédent. Il raconte une histoire analogue de « Krähwinkler ». Ce chant montre la couardise des soldats et révèle la retraite de Napoléon : « Au champ de bataille on est arrivé : Napoléon déjà s’était en allé. » L’emploi du dialecte bavarois est plus prononcé que dans le premier chant. Il est probable que « Napoleon schickt Soldaten her » dépend du précédent et est plus tardif. Le chant des Krähwinckler avait connu très vite une grande diffusion. Il y a probablement eu des « Nachdictungen – compositions dérivées », phénomène courant dans la poésie populaire et dans les chants d’Eglise, surtout protestants. Là aussi l'auteur peut être bavarois.

En voici le texte

1. Napoleon schickt Soldaten her,
drum trink ma vurher no des Weinfassl leer.
Immer langsam voran, immer langsam voran,
dass da Krähwinkler Landsturm nachkumma kann.

2. Dann versteck mar uns am Berg hinter d' Bam,
in Bauern fress ma die Erdäpfeln z'samm.
Immer langsam voran, immer langsam voran,
dass da Krähwinkler Landsturm nachkumma kann.

3. Vom Buchberg ham ma awe gschaut
und kana hat si awe traut.
Immer langsam voran, immer langsam voran,
dass da Krähwinkler Landsturm nachkumma kann.

4. In Hauptmann ham ma lang net entdeckt,
der hat si hintan Stadl versteckt.
Immer langsam voran, immer langsam voran,
dass da Krähwinkler Landsturm nachkumma kann.

5. Jetzt san ma endlich am Kampfplatz durt,
Napoleon is lang scho furt.
Immer langsam voran, immer langsam voran,
dass da Krähwinkler Landsturm nachkumma kann.

6. Drum kehrn ma halt ins Wirtshaus ein,
die Kellnarin is fesch, da tuats uns gfreun.
Immer langsam voran, immer langsam voran,
dass da Krähwinkler Landsturm nachkumma kann.

 

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