« Pasteur Yves Kéler, retraité de l'Eglise de la Confession d'Augsbourg d'Alsace
et de Lorraine (ECAAL)/Union des Eglises Protestantes d'Alsace et de Lorraine (UEPAL)
»

*1939 - † 2018

POESIE NATIONALE ALLEMANDE

          LA OU LE RHIN ROULE SES VAGUES
           Wo zu des Rheines heilgen Wogen

                         Das Lied von Stein
                       Le chant de la pierre

                  E.M.Arndt, 1814 (1769-1860)

1. Là où le Rhin roule ses vagues,            9f
    Où la Lahn coule et fait son lit,             8
    Monte en les airs un puissant aigle,     9f
    A l’heure où disparaît la nuit.                8
    Il vole heureux dans la lumière,            9f
    Tout son esprit se réjouit,                     8
    Le soleil ouvre les barrières                  9f
    D’un monde vaste et infini.                    8.

2. Il s’est assis sur la falaise,
    Dans le nid que son père fit.
    Là, tout là haut, sur la cimaise,
    Monte l’antique chant vers lui.
    Ah ! que se gonfle sa poitrine
    Fière, en entendant ces sons,
    Comme il entrouvre ses narines,
    Humant combien le vent est bon !

3. Alors vers le bas il s’envole.
    Il trouve que tout a changé.
    Des oiseaux sombres batifolent,
    Un vol obscur, comme étranger,
    De noirs corbeaux et de corneilles
    Voilent le ciel et sa clarté.
    Des chouettes et leurs pareilles,
    Parlant bien fort, bien effronté.

4. Mais parmi ces formes trompeuses
    Il porte en son cœur la vraie foi,
    Fidèle aux forces glorieuses
    Des cieux qu’il ressent, plein d’émoi.
    Une aile montre le ciel pur et vaste,
    L’autre vise la terre en bas.
    Il dit : « Les dieux avec les astres,
    Là-haut, ne se dédisent pas ! »

5. Si le chemin bien clair des pères
    D’un peuple sombre est obscurci,
    Il brûle en moi une lumière,
    La flamme au cœur qui l’éclaircit.
    Que la nuit noire tout recouvre
    Ou que le ciel tombe en enfer,
    Mon âme vibre, mes yeux s’ouvrent
    Et voient un monde vaste et clair. 

6. Salut, ô fils de la falaise,
    Salut, enfant clair du soleil !
    Le Dieu saint de sa forteresse
    Envoie un vent fort sans pareil
    Qui va briser les grandes ailes
    Et te laisser à toi le ciel :
    Ce qui fut fort retombe frêle !

7. Salut, rocher de belle pierre,
    Salut, libre et fier allemand,
    Qui dans la gloire et la lumière
    Du monde brilles maintenant :
    Brisé ce peuple de racaille,
    Par terre ce qui t’asservit.
    Avec le vieux Dieu des batailles
    L’honneur des Allemands revit !

8. Salut, rocher de belle pierre,
    Salut, patrie et liberté !
    Le long du Rhin, de ses eaux claires
    Ton peuple vit avec fierté.
    Regarde au siège des ancêtres,
    Dans les rayons du chaud soleil,
    Les fils de ces Germains renaître :
    Un peuple libre et sans pareil !
   
   
         Texte        Wo zu des Rheines heilgen Wogen
                          Ernst Moritz Arndt 1814 (
                          fr. : Yves Kéler, 20.6.2011, Allevard
   
           dans       Auswahl Deutscher Gedichte im Anschluss an
                          die  Geschichte der deutschen National Literatur
                          von Professor Dr. Hermann Kluge,12. ,
                          verbesserte und vermehrte Auflage
                          mit zahlreichen Porträts in Holzschnitt
                          Altenburg, Verlag Oskar Bonde, 1908, page 5
   
   
ARNDT Ernst Moritz, né le 26 décembre 1769 à Schoritz sur l’île de Rügen, depuis l’érection de l’Université rhénane professeur d’histoire moderne à Bonn, de 1820 à 1840 contre sa volonté mis à la retraite, décédé le 29 janvier 1860

 

 

 

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