« Pasteur Yves Kéler, retraité de l'Eglise de la Confession d'Augsbourg d'Alsace
et de Lorraine (ECAAL)/Union des Eglises Protestantes d'Alsace et de Lorraine (UEPAL)
»

*1939 - † 2018

LITT D  NAT  AUBERGE  « BELLE TREILLE »

POESIE NATIONALE ALLEMANDE


        AUBERGE  « BELLE TREILLE »
         Am Schank zur goldenen Traube

                 Von des Kaisers Bart
               La barbe de l’Empereur

          Emmmanuel Geibel 1815-1884



1. Auberge « Belle treille! »
    Attablés, au mois de mai,
    Sous les roses vermeilles,
    Trois compagnons bien gais.

2. Chacun est un bon bougre :
    L’un porte à droite un cor,
    Le deux à gauche une gourde
    Le trois un éperon d’or.

3. Dans de brillantes cruches,
    On leur apporte du vin.
    De joyeux discours débutent,
    On chante, on boit sans fin.

4. Or l’un parmi ces bardes,
    Le beau et vert chasseur,
    Parle de la Rousse Barbe
    Et dit de l’Empereur :

5. « Je l’ai vu à Mayence,
    Le long du quai du Rhin,
    A la messe il voulait se rendre
    Dans le Dôme palatin.

6. Ah ! quelle belle allure
    Avait là notre Empereur !
    A son cou, je vous jure,
    Une barbe brune en fleur. »

7. L’autre, coupant sa parole,
    Dit, la plume au chapeau :
    « As-tu perdu la boule ?
    Ton conte rien ne vaut !

8. Moi, j’ai vu sa figure
    En son château du Harz,
    Et ceint de son armure :
    Son poil de barbe est noir ! »

9. De sa chaise se lève
    L’homme à l’éperon d’or,
    Et lorsque l’autre achève,
    Il dit, parlant très fort :

10. « Que le Diable vous cogne,
      Hâbleurs, escrocs, batteurs !
      Moi, je l’ai vu à Cologne :
      Sa barbe est blanche, menteurs ! »

11. Ce fut une bataille
      Si blanc, si brun ou noir !
      On sort l’épée, on taille
      Les croupes, dos et cuirs.

12. Et se répand des cruches
      Le jus au rouge teint.
      Un peu de sang s’accroche
      Et se mélange au vin.

13. Et quand les trois se quittent,
      En colère chacun s’en va,
      Chacun se détourne vite :
      Quels bons amis, n’est-ce pas ?

14. Ne dites pas, mes frères :
      « J’en connais la couleur :
      J’ai vu, tenant mon verre,
      La barbe de l’Empereur ! »
 


         Texte        Am Schank zur goldnen Traube
                          Emmanuel Geibel 1815-1884
                          Von des Kaisers Bart
           dans       Auswahl Deutscher Gedichte für höhere
                          Schulen, Theodor Echtermeyer, 34. Auflage
                          1903 (1. 1836), 978 Seiten
                          Halle, Verlag des Waisenhauses, page
                          fr. : Yves Kéler, 13.12.2010
       
    
GEIBEL Emmanuel, né le 14octobre 1815 à Lubeck, étudia (1835-1838) à Bonn et Berlin, vécut de 1838, à 1840 à Athènes et à son retour en différents lieux : Lubeck, Eschenburg, St Goar. En 1852 appelé comme professeur de littérature allemande à Munich. En 1868 il prit sa retraite, revint habiter dans sa ville paternelle, en fut nommé citoyen d’honneur, et mourut là le 6 avril 1884. (Echtenmeyer)

1.Im Schank zur goldnen Traube,
Da saßen im Monat Mai
In blühender Rosenlaube
Guter Gesellen drei.

2.Ein frischer Bursch war jeder,
Der erst' am Gurt das Horn,
Der zweit' am Hut die Feder,
Der dritte mit Koller und Sporn.

3.Es trug in funkelnden Kannen
Der Wirt den Wein auf den Tisch;
Lustige Reden sie spannen,
Und sangen und tranken frisch

4.Da war auch einer drunter,
Der grüne Jägersmann,
Vom Kaiser Rotbart munter
Zu sprechen hub er an:

5. »Ich habe den Herrn gesehen
Am Rebengestade des Rheins,
Zur Messe wollt' er gehen
Wohl in den Dom nach Mainz.

6. Das war ein Bild, der Alte,
Fürwahr von Kaiserart!
Bis auf die Brust ihm wallte
Der lange braune Bart.«

7. Ins Wort fiel ihm der zweite,
Der mit dem Federhut:
»Ei, Bursch, bist du gescheite?
Dein Märlein ist nicht gut.

8. „Auch ich hab' ihn gesehen
Auf seiner Burg im Harz,
Am Söller tät er stehen,
Sein Bart, sein Bart war schwarz „

9.Da fuhr vom Sitz der dritte,
Der Mann mit Koller und Sporn,
Und in der Zänker Mitte
Rief er in hellem Zorn:

10. »So geht mir doch zur Höllen,
Ihr Lügner! Glück zur Reis'! –
Ich sah den Kaiser zu Köllen,
Sein Bart war weiß, war weiß.«

11.Das gab ein grimmes Zanken
Um Weiß und Schwarz und Braun,
Es sprangen die Klingen, die blanken,
Und wurde scharf gehaun.

12.Verschüttet aus den Kannen
Floß der vieledle Wein,
Blutige Tropfen rannen
Aus leichten Wunden drein.

13.Und als es kam zum Wandern,
Ging jeder in zornigem Mut,
Sah keiner nach dem andern
Und waren sich jüngst so gut.

14.Ihr Brüder, lernt das eine
Aus dieser schlimmen Fahrt:
Zankt, wenn ihr sitzt beim Weine,
Nicht um des Kaisers Bart!

 

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