« Pasteur Yves Kéler, retraité de l'Eglise de la Confession d'Augsbourg d'Alsace
et de Lorraine (ECAAL)/Union des Eglises Protestantes d'Alsace et de Lorraine (UEPAL)
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*1939 - † 2018

 

LITT D NAT NICHT KRANZ NOCH KREUZ ;
DAS UNKRAUT WUCHERT TIEF

Bataille d’Idstedt 1850
Danemark contre Schleswig-Holstein

     TREIZE ANS SOUFFRIRENT LES JEUNES, LES VIEUX
      Nicht Kranz noch Kreuz; das Unkraut wuchert tief

      Gräber in Schleswig 1863, Tombes au Schleswig 1863

                          Theodor Storm, 1863

 

 

1. Ni croix ni couronne; l’herbe pousse drue.

    Ceux que la mort a envoyés à Idstedt combattre

    Dorment ici ; et l’honneur allemand fut,

    Auprès de ces morts, treize ans à attendre.

 

2  Treize ans souffrirent les jeunes, les vieux,

    Les survivants, le mépris des adversaires.

    Ils fermaient le poing, regardant les cieux,

    Et réprimaient le cri de leur colère.

 

3. L’opprobre est levé, les dés sont tombés,

    Les temps sont accomplis, l’heure arrive.

    Le glas du roi du Danemark a sonné :

    On dirait la cloche de Pâques, vive !

 

4. La terre gronde, d’Allemagne vient le bruit.

    On dirait qu’au vent un chant résonne,

    Se rapproche comme une mer qui mugit,

    Pour avaler la vilenie des hommes.

 

5. Rêve fou ! Ce n’est pas un chant allemand,

    Pas l’« en avant ! » d’une troupe allemande,

    La terre gronde, mais on voit, s’approchant,

    Les escadrons de la cavalerie danoise.

 

6. Ils ne viendront pas ! Le traité de Londres

    Pèse trop lourd. Ils n’osent pas le rompre.

    Les heures passent. A l’aide, les morts !

    Je n’attends rien des vivants pour mon sort.

 

7. Debout, cavaliers, Secouez de vous

    Le sable, relevez vos mortes montures !

    Sonnez, sonnez, chasseurs, et dressez-vous !

    Pour la patrie il nous faut la victoire !

 

8. Tambour, avance de ton noir caveau !

    Frappe la peau de ton tambour, frappe.

    En Allemagne doit être votre tombeau.

    Revivez, l’histoire vous rattrape !

 

9. Vain appel ! Vous reposez à toujours,

    Vous êtes une troupe tolérante.

    J’ai crié vers le monde à l’entour :

    « L’ennemi méprise les tombes allemandes ! »

 

 

1. Nicht Kranz noch Kreuz; das Unkraut wuchert                                                    tief,

    Denn die der Tod einst in Idstedt einst entboten,

    Hier schlafen sie, und deutsche Ehre schlief

    Hier dreizehn Jahre lang bei diesen Toten.

 2. Und Dreizehn Jahre litten jung und alt,   

    Was leben blieb, des kleinen Feindes Tücken,

    Und konnten nichts, als, stumm die Faus geballt,

    Den Schrei des Zorns in ihrer Brust ersticken.

 

3. Die Schmach ist aus; der eh’rene Würfel fällt:

    Jetzt oder nie! Erfüllet sind die Zeiten,

    Des Dänenkönigs Totenglocke gellt;

    Mir klingt es wie Osterglockenläuten!

 

4. Die Erde dröhnt; von Deutschland weht es her,

    Mir ist, ich hör ein Lied im Winde klingen,

    Es kommt heran schon wie ein brausend Meer,

    Und endlich alle Schande zu verschlingen! -- --

5. Törichter Traum! – Es klingt kein deutsches Lied, 

    Kein Vorwärts schallt von deutschen Bataillonen;

    Wohl dröhnt der Grund, wohl naht es Glied                                                  an Glied;

    Doch sind’s die Reiter dänischer Schwadronen.

   

6.  Sie kommen nicht. Das Londoner Papier,

    Es wiegt zu schwer, sie wagen’s nicht zu heben.

    Die Stunde drängt. So helft ihr Toten hier!

    Ich rufe euch und hoffe nichts vom Leben.

 

7. Wacht auf, ihr Reiter! Schüttelt ab den Sand,

    Besteigt noch einmal die gestürzten Renner!

    Blast, blast, ihr Jäger! Für das Vaterland

    Noch einen Strauss! Wir brauchen Männer,                                                Männer;

 

8. Tambour, hervor aus deinem schwarzen Schrein!

    Noch einmal gilt’s, das Trommelfell zu schlagen!

    Soll euer Grab in deutscher Erde sein,

    So müsst ihr noch ein zweites Leben wagen! -- --

   

9. Ich ruf umsonst! Ihr ruht auf ewig aus;

    Ihr wurdet eine duldsame Gemeinde.

    Ich aber schrei es in die Welt hinaus:

    Die deutschen Gräber sind ein Spott der Feinde.

 

 

Texte

Nicht Kranz noch Kreuz; das Unkraut wuchert tief
Theodor Storm
dans Gedichte von Theodor Storm 14. Auflage
Berlin Verlag von Grebrüder Partel 1904
fr.: Yves Kéler, 18.3.2014 Bischwiller


Le texte

Brève histoire du Schleswig-Holstein

Ce poème évoque les guerres pour le Schleswig-Holstein après le Congrès de Vienne de1815 et la réorganisation de l’Europe après la période napoléonienne. Beaucoup de frontières s’étaient déplacées, et dans les années 1830 à 1848, il y eut encore beaucoup de changements. Par exemple, la Belgique, les Pays-Bas et le Luxembourg firent l’objet de plusieurs remaniements.

De même le Schleswig-Holstein, qui relevait du Danemark, en son temps une puissance maritime et militaire, par un lien personnel de dépendance de la couronne danoise. En effet, Christian Auguste de Schleswig-Holstein et Sonderburg-Augustenburg, (1798 Copenhague –1869 Schleswig), fut duc de Schleswig-Holstein-Sonderbourg-Augustenbourg de 1814 à 1869 et duc de Schleswig-Holstein.

(Citations de WIKIPEDIA) Il fut favorable à l'émancipation des duchés de Schleswig-Holstein. Son objectif fut d'unir les deux duchés, proclamer une constitution et monter sur le trône. Descendant de Frédéric V de Danemark, il revendiqua également le trône danois.
Au cours de l'année 1848, il fut élu député de l'Assemblée nationale prussienne. En 1848 et 1849, Christian Auguste de Schleswig-Holstein-Sonderbourg-Augustenbourg soutint le mouvement d'indépendance dans les duchés. Il se rendit en Prusse afin d'obtenir le soutien de la Prusse dans l'affirmation de ses droits sur le Schleswig et Holstein. S'ensuivit la déclaration de guerre entre le Danemark et le Schleswig-Holstein en 1848, cette guerre impliqua également la Prusse et la Suède.

Le traité de Londres entre le Danemark et la Prusse fut signé le 2 juillet 1850, Les deux parties conservèrent leurs droits antérieurs. Le Danemark fut satisfait par le traité qui rétablissait le pouvoir royal danois en Holstein avec ou sans le consentement de la Confédération allemande. Christian Auguste de Schleswig-Holstein-Sonderbourg-Augustenbourg fut évincé, les militaires danois se mirent en marche afin de contraindre les révoltés des duchés de Schleswig et Holstein à accepter l'autorité du pouvoir royal danois.

Dans le traité est confirmé que l'intégrité du Danemark est "nécessaire à l'Europe" et "un principe constant". Il rattache les duchés de Schleswig, d'Holstein et de Saxe-Lauenbourg en union personnelle au roi du Danemark. La succession de ce droit est également discutée, Frédéric VII de Danemark n'ayant aucune descendance et les règles de succession au Danemark et dans les trois duchés allemands n'étant pas les mêmes. Il est décidé que les duchés deviendront indépendants, qu'ils ne seraient plus reliés constitutionnellement au Danemark. Des règles de successions aux trône sont également établies qui empêchent la fusion dynastique des trois royaumes scandinaves.

Les grandes puissances s'assurent de leur côté que les grands ports militaires, comme Kiel, ne deviennent pas prussiens, et que le Danemark reçoive une garantie pour son territoire. Onze ans plus tard, le traité est révoqué avec le début de la guerre des duchés en 1864. La Prusse et l'Autriche réclamant le respect du traité de Londres, le roi Frédéric VII voulant annexer le Schleswig.
Onze ans plus tard, le traité est révoqué avec le début de la guerre des duchés en 1864. La Prusse et l'Autriche réclamant le respect du traité de Londres, le roi Frédéric VII voulant annexer le Schleswig. (fin des citations de WIKIPEDIA)

La bataille d’Idstedt

C’est dans ce contexte que se place la bataille d’Idstedt. Le traité de Londres de 1850 rétablissait la souveraineté du Danemark sur les deux provinces, et l’armée danoise pénétra dans le pays pour réprimer les opposants. La Prusse n’intervint pas et laissa faire.

(citation Internet) Les 24 et 25 juillet 1850 les armées danoise et du S.-H. se rencontrèrent. Le front s’étirait sur 18 km, et la bataille fut confuse et meurtrière, la plupart du temps dans le brouillard qui emprisonnait la fumée des canons. Un combat auquel participèrent 60.000 hommes, 37.000 Danois et 27.000 Schleswigois, Les pertes générales se montèrent à 10% des combattants, dont 1.400 morts. C’est de mémoire d’homme la plus grande bataille au Nord de l’Elbe. La population civile fut aussi durement touchée.

Les nationalistes partisans du rattachement du S-H à l’Allemagne, en l’occurrence à la Prusse, se sentirent abandonnés par les Allemands. C’est ce qu’évoque le poème de Storm. Si on comprend bien le texte : « Und dreizehn Jahre litten jung und alt –Et treize ans souffrirent jeunes et vieux », le poème daté de 1863, se situe un an avant la guerre prusso-autrichienne contre le Danemark, appelée « Guerre des duchés. » Storm appelle à l’intervention allemande.

Il médite sur les tombes « sans croix ni couronnes » des soldats du S.-H. qui sont tombés en 1850 sous les coups des « Reiter dänischer Schwadronen – Les cavaliers des escadrons danois. » Il fait appel aux morts, « Ihr müsst noch ein zweites Leben wagen – Vous devez encore oser une deuxième vie. » Il regrette que son appel à l’arrivée des Allemands ne se réalise pas.

Storm fait-il une allusion à Blücher, le général prussien adversaire de Napoléon, célèbre pour son cri « Vorwärts – en avant », qui lui valut le surnom de « Maréchal en avant ? » A la strophe 5 il écrit : « Kein Vorwärts schallt von deutschen Batallionen – Pas d’« en avant » ne retentit depuis des bataillons allemands. »

Et en partisan du rattachement à l’Allemagne, il regrette le traité de Londres, disant « Das Londoner Papier, Es wiegt zu schwer, sie wagen’s nicht zu heben – Le papier de Londres, Il pèse trop lourd, ils n’osent pas le supprimer. » Il appelle le traité de Londres un « papier », terme qui sera repris par Hitler traitant le traité de Versailles de 1919 de « chiffon de papier. » Pourtant, l’année suivante, en 1864, Bismarck rompra le traité et entraînera l’Autriche dans la « guerre des duchés » contre le Danemark, qui rattachera le Schleswig à la Prusse et le Holstein à l’Autriche. Après la guerre prusso-autrichienne de 1866 et la défaite de Sadowa, l’Autriche abandonnera le S.-H. à la Prusse. En 1871, les deux provinces entrèrent dans le 2e Reich allemand.


Références Internet et WIKIPEDIA

Christian-Auguste de Schleswig-Holstein-Sonderbourg ... - Wikipédiafr.wikipedia.org/.../Christian-Auguste_de_Schleswig-Holstein-Sonderbou...

 Il fut duc de Schleswig-Holstein-Sonderbourg-Augustenbourg 1814 à 1869 et ... Letraité de Londres entre le Danemark et la Prusse fut signé le 2 juillet 1850,  ..

 

1.                              Traité de Londres (1852) — Wikipédiafr.wikipedia.org/wiki/Traité_de_Londres_(1852)

Le Traité de Londres signé le 8 mai 1852, est conclu par les grandes puissances ...allemandes : la Prusse et l'Autriche sur le même sujet le 2 août 1850... Il rattache les duchés de Schleswig, d'Holstein et de Saxe-Lauenbourg en union  ...

 

1.                              Die Schlacht bei Idstedt

www.idstedtschlacht.de/

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Auf dieser Web-Site finden Sie interessante Informationen über die Schlacht bei Idstedtvom 24. und 25. Juli 1850 (inkl. Karten von 1850-1852)

 

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